Agriculture: Hollande sommé de passer des promesses aux actes


RENNES - L'association environnementale Eau et Rivières de Bretagne (ERB) interpelle lundi François Hollande à la veille de sa venue à Rennes au Space, le salon international de l'élevage, estimant qu'il faut passer aux actes en matière d'agriculture et d'environnement.

Lors de la campagne présidentielle, vous avez pris devant les Français l'engagement de faire de la France +la nation de l'excellence environnementale+ et d'encourager en agriculture +la promotion de nouveaux modèles de production+. Le temps est venu de passer des promesses aux actes, écrit l'association dans une lettre ouverte au président de la République.

Cela implique d'abord de réformer en profondeur la Politique Agricole Commune (PAC) mais cette réforme ne peut être menée sans que soit mis fin à l'actuel mouvement de dérégulation des principaux marchés de produits alimentaires, poursuit ERB.

Selon l'association, la récente liquidation judiciaire du groupe Doux révèle de façon dramatique les limites sociales et économiques d'un modèle agro-industriel dépassé et rappelle l'incontournable nécessité d'innovation.

L'effort de l'Etat envers Doux doit être soumis à une réorientation des activités de cette filière vers le marché européen, des produits de qualité et la prise en compte des enjeux environnementaux. Sans cette stratégie globale, les aides financières (...) ne contribueraient à terme qu'à aggraver la dette publique, estime l'association.

La réussite économique de Doux - dont le tribunal de commerce de Quimper doit se prononcer lundi sur l'avenir du pôle frais- s'est faite sur les subventions européennes à l'exportation -les restitutions- qui lui ont permis en particulier de développer ses exportations de poulets congelés vers le Moyen Orient. Mais ces restitutions doivent théoriquement cesser en 2017.

ERB demande également une indispensable accélération à la mise en oeuvre des décisions du Grenelle de l'environnement, notamment concernant la réduction de l'usage des pesticides et le développement des surfaces en agriculture biologique. Ces engagements prévoient de réduire de 50% les pesticides d'ici 2018 et de porter à 20% les surfaces en bio d'ici 2020 (3,5% en 2012).

Enfin, ERB évoque la politique de l'autruche à laquelle s'est livrée, non pas seulement la Bretagne mais toute la France, face à la pollution des eaux par les nitrates, entraînant une mise en cause du pays devant la Cour Européenne de Justice.

La Bretagne est la première région agricole de France mais elle a perdu un tiers de ses exploitations en 10 ans.

(©AFP / 10 septembre 2012 12h26)