Areva : le comité d'entreprise allemand très critique à l'égard du plan


Berlin - Le comité d'entreprise d'Areva Allemagne se déclare très critique à l'égard du plan stratégique de la direction du groupe nucléaire qui entend réduire ses effectifs de plus de 1.200 emplois dans ce pays, selon un communiqué mardi.

Le comité d'entreprise (CE) examine de manière très critique le plan stratégique qui a été présenté pour l'Allemagne, indique-t-il. Il a annoncé que les syndicats vont demander un avis externe pour approbation sur la situation actuelle et future du groupe.

Areva a annoncé lundi le non-remplacement de 1.200 postes en France, malgré des engagements pris par le groupe nucléaire français auprès du gouvernement, et la suppression de plus de 1.200 postes en Allemagne.

Le comité d'entreprise allemand prévient qu'il n'y aura pas de mesures précipitées et rappelle que la sécurisation de tous les sites prime avant tout.

Il appelle à ce que les mesures prises par le groupe soient socialement acceptables et demande au groupe de ne pas procéder à des licenciements pour des raisons économiques. Un démantèlement accentué par la politique (...) ne sera pas accepté, insiste-t-il également.

En France, la direction d'Areva a clarifié mardi l'impact social de son plan stratégique, avec une estimation de 200 à 250 départs non remplacés par an, les syndicats réclamant la suspension de cette première grande restructuration du groupe nucléaire public.

Le plan d'Areva --détenu à 87% par l'Etat-- entraînerait donc des réductions d'effectifs en France (qui s'élèvent à 28.000 actuellement) de 200 à 250 personnes chaque année, soit 1.000 à 1.250 personnes si un gel des embauches se prolonge sur la durée totale du plan stratégique, qui court jusqu'en 2016.

Quelque 8.000 employés, sur un total d'environ 48.000 salariés, travaillent à des postes concernés par le gel, dont 6.000 en France.

A Berlin, la chancelière Angela Merkel, confrontée à plusieurs plans sociaux dans l'industrie nucléaire, a assuré mardi qu'au final, l'abandon accéléré de l'atome outre-Rhin créerait plus d'emplois qu'il n'en détruirait.

La restructuration d'Areva, adoptée lundi, fait suite au départ d'Anne Lauvergeon, ex-patronne emblématique du groupe remplacée en juin par Luc Oursel. Elle vise à adapter l'entreprise aux conditions de marché post-Fukushima et à enrayer ses pertes.

AREVA

(©AFP / 13 décembre 2011 23h21)

News les plus lues