Armes chimiques en Syrie: pas de conclusion avant des tests en laboratoire


NEW YORK (New York) - Les experts de l'ONU ne tireront aucune conclusion sur l'utilisation d'armes chimiques en Syrie avant le résultat d'analyses en laboratoire actuellement en cours, a déclaré samedi le porte-parole de l'ONU Martin Nesirky.

L'équipe (d'enquêteurs) a besoin de temps, a-t-il dit, pour analyser les échantillons recueillis sur le site d'un massacre présumé à l'arme chimique survenu le 21 août dans le banlieue de Damas et perpétré selon Washington et Paris par l'armée syrienne. Ils remettront ensuite leurs conclusions au secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon qui les transmettra aux Etats membres.

Interrogé sur les affirmations du secrétaire d'Etat John Kerry selon lesquelles Washington n'avait pas besoin des conclusions de l'ONU pour être certain de la culpabilité du régime syrien, il a affirmé que l'équipe était exceptionnellement bien placée pour établir les faits de manière impartiale et crédible.

Les enquêteurs sont arrivés à La Haye, siège de l'organisation sur l'interdiction des armes chimiques avec les échantillons, les témoignages et les indices recueillis sur place en Syrie et qui seront analysés dans deux laboratoires européens. Avant que l'équipe puisse tirer la moindre conclusion sur cet incident (du 21 août) les analyses en laboratoire doivent être terminées, a-t-il déclaré à la presse.

M. Nesirky s'est refusé à donner un laps de temps précis mais un autre responsable de l'ONU avait auparavant parlé de semaines.

Selon des diplomates, Ban Ki-moon a indiqué vendredi aux ambassadeurs des cinq pays membres permanents du Conseil de sécurité (Etats-Unis, France, Royaume uni, Russie, Chine) que les analyses prendraient deux semaines.

Le mandat des experts est de déterminer s'il y a eu usage d'armes chimiques mais pas de désigner les coupables. Le mandat est le mandat et l'ONU s'y tiendra, a affirmé M. Nesirky.

M. Ban a reçu samedi matin à New York Angela Kane, la haute représentante de l'ONU pour le désarmement, de retour de Damas, et a brièvement parlé avec le chef des enquêteurs Aake Sellström sans entrer dans les détails de l'enquête. Le Dr Sellström doit lui faire un compte-rendu plus long dimanche par téléphone.

Selon M. Nesirky, Mme Kane a indiqué à M. Ban que les enquêteurs avaient été en mesure de mener une large gamme d'activités d'investigation. M. Ban a de son côté souligné que l'ONU faisait tout ce qui est possible pour accélérer le processus menant à une conclusion de cette enquête.

Le porte-parole a estimé grotesque d'affirmer que le départ de Damas des enquêteurs de l'ONU samedi matin avait ouvert un fenêtre pour une éventuelle frappe militaire en Syrie. C'est aussi, a-t-il ajouté, un affront fait au millier d'employés de l'ONU qui sont sur le terrain en Syrie pour fournir l'aide humanitaire et qui continueront de le faire.

(©AFP / 31 août 2013 19h52)