Bahreïn: décès d'un manifestant à l'hôpital


DUBAI - L'opposition chiite bahreïnie a accusé jeudi les autorités d'avoir provoqué la mort d'un manifestant de 18 ans, arrêté à la suite d'affrontements avec la police et décédé à l'hôpital, selon le gouvernement.

Le manifestant avait été arrêté mardi en raison d'actes de vandalisme dans la région de Sitra, une localité chiite proche de Manama, selon un communiqué de la police mis en ligne sur Twitter par le ministère de l'Intérieur.

Il est décédé à l'hôpital (mercredi) et le parquet en a été informé, a ajouté la police, sans préciser pourquoi la victime se trouvait à l'hôpital.

Selon Matar Matar, un dirigeant du principal mouvement d'opposition chiite, al-Wefaq, le jeune homme, Mohamed Yaacoub, 18 ans, a été pris en chasse par des voitures de police et a été coincé par deux voitures qui l'ont écrasé.

Au lieu de lui prodiguer les soins médicaux nécessaires, la police l'a emmené dans un terrain vague faisant face à la station de police de Sitra et l'a torturé, a-t-il ajouté.

Des affrontements avaient opposé mardi la police et des manifestants dans plusieurs localités chiites de Bahreïn où 41 policiers et plusieurs manifestants ont été blessés, selon les deux bords.

Le ministère de l'Intérieur avait affirmé que la police anti-émeutes avait été attaquée par des hommes et des femmes masqués et armés de pierres et de cocktails Molotov, notamment à Duraz, Sanabis, Dair et Al-Ekr.

Plusieurs saboteurs avaient été arrêtés, selon les autorités.

Al-Wefaq avait fait état de plusieurs blessés parmi les manifestants, dont un jeune homme grièvement atteint à la tête par l'explosion d'une grenade lacrymogène.

Dans un communiqué, Amnesty International a appelé le gouvernement bahreïni à enquêter sur les morts liées à des grenades lacrymogènes depuis février 2011, plus d'une dizaine selon l'ONG.

L'augmentation du nombre de victimes et les récits de témoins oculaires suggèrent une utilisation inappropriée des gaz lacrymogènes par les forces de sécurité bahreïnies, y compris dans les maisons et dans des espaces confinés, a indiqué la directrice adjointe d'Amnesty au Moyen-Orient, Hassiba Hadj Sahraoui.

Le 20 janvier, un adolescent de 14 ans est mort à l'hôpital trois semaines après que les forces de sécurité ont tiré trois grenades lacrymogènes contre sa maison, a affirmé l'ONG, en précisant que le garçon souffrait d'asthme.

Le 31 décembre, un adolescent avait été tué par une grenade lacrymogène qui lui avait explosé au visage, selon al-Wefaq et Amnesty. Le gouvernement avait alors annoncé qu'une enquête aurait lieu sur les circonstances de sa mort.

Les manifestations menées par des opposants chiites ont repris ces dernières semaines dans ce petit royaume gouverné par une dynastie sunnite, où un mouvement de contestation avait été violemment réprimé en mars 2011.

(©AFP / 26 janvier 2012 20h26)