Berlin répète sa foi en l'indépendance de la BCE après les propos de Sarkozy


BERLIN - Le gouvernement allemand a la conviction profonde que la BCE doit exercer son mandat de manière indépendante, une conviction connue à Paris, a déclaré lundi le porte-parole de la chancelière Angela Merkel.

La conviction profonde du gouvernement allemand est que la BCE exerce son mandat de manière totalement indépendante de la politique, a déclaré lors d'un point de presse du gouvernement Steffen Seibert. Et cette conviction est connue à Paris, a-t-il ajouté, interrogé sur les propos tenus la veille sur l'institution monétaire de Francfort par Nicolas Sarkozy.

Le président français sortant a déclaré dimanche devant des milliers d'électeurs réunis place de la Concorde à Paris qu'il entendait une fois réélu ouvrir le débat sur la Banque centrale européenne et son rôle dans le soutien de la croissance en Europe. Il a ainsi repris une thématique déjà évoquée avant lui par son principal rival, le socialiste François Hollande.

M. Seibert a précisé que l'Allemagne et la France avaient toutes les deux à coeur une croissance pérenne en Europe. Nous sommes d'accord avec le gouvernement français sur les objectifs, a-t-il dit.

Au cours d'une série de conférences de presse, les deux (Mme Merkel et M. Sarkozy, ndlr) ont professé leur attachement à l'indépendance de la BCE, a-t-il ajouté.

La presse allemande ne faisait de son côté pas grand cas lundi des propos de M. Sarkozy. Le quotidien Süddeutsche Zeitung (centre-gauche) jugeait qu'en s'emparant de ce sujet, tout comme en vilipendant une certaine forme d'immigration et la concurrence déloyale, le président (recherchait) le vote des Français eurosceptiques et craignant la mondialisation.

Quant au ministère des Finances, il s'est montré peu disert sur des propos de M. Hollande. Il avait jugé samedi que les autorités allemandes devraient faire annuler l'introduction par Eurex, spécialiste des produits dérivés et filiale du groupe boursier allemand Deutsche Börse, d'un nouveau produit financier, un contrat à terme sur la dette française.

Ce produit financier n'est pas soumis à une autorisation préalable de mise sur le marché, a dit le porte-parole du ministère, Martin Kotthaus. Un porte-parole de l'autorité de marché allemande Bafin s'est exprimé dans le même sens.

Plusieurs partis politiques en France, comme le Front de Gauche du candidat Jean-Luc Mélenchon, ont dénoncé le nouveau produit comme un nouvel instrument spéculatif contre la dette française, et le président de l'Autorité des marchés financiers (AMF), Jean-Pierre Jouyet, a aussi estimé que ce n'était pas un bon signal.

Il a fait ses premiers pas sur le marché lundi, sans susciter de grand intérêt auprès des investisseurs.

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DEUTSCHE BOERSE

(©AFP / 16 avril 2012 13h03)