Bordeaux: 130 emplois d'une usine de tri de déchets menacés


BORDEAUX - Le patron d'une filiale de traitement de déchets en Gironde menace de licencier ses 130 salariés si un arrêté préfectoral de suppression d'activité d'une usine à Bassens (Gironde), arrivant jeudi à échéance, est mené à terme, a-t-il indiqué mardi à l'AFP.

Je reconnais que nous n'avons pas respecté toutes les mises en demeure mais à chaque fois on nous a demandé des investissements supplémentaires. J'assume le fait d'être une PME et de n'avoir pas eu les moyens pour les dépenses qu'on nous demande, a reconnu Patrice Dauvin, PDG d'Ulysse, dont dépend la filiale en question, Editrans.

Si l'arrêté est appliqué, je vais être obligé de licencier tout le monde, soit 130 salariés sur l'ensemble des filiales de traitement des déchets dépendantes de l'usine de Bassens, a-t-il souligné.

On nous demandait à la fois d'évacuer les déchets et d'arrêter l'activité de tri qui nous fait vivre, a-t-il déploré, soulignant avoir fait à l'époque le choix de préserver l'emploi.

L'entreprise Editrans (71 salariés) basée à Bassens est sous le coup d'un arrêté de suppression d'activité, décision préfectorale excessivement rare, pris le 17 juillet par le préfet de la Gironde. Le délai de six mois règlementaire arrive à expiration jeudi.

Les services de l'État iront constater si l'arrêté a été ou non appliqué et le préfet mettra en place les outils juridiques pour faire appliquer la décision, a-t-on commenté en préfecture.

Selon les services de la Direction régionale de l'environnement de l'aménagement et du logement (Dreal), l'installation classée n'a pas respecté diverses autorisations d'exploiter et ne s'est pas conformée aux normes face aux risques d'inondation et a subi trois incendies importants.

On traite des déchets mais on ne pollue pas, a souligné M. Dauvin qui se dit victime d'une volonté de nous faire dégager car nous sommes arrivés avec une ambition et un projet industriel qui va à l'encontre des intérêts des deux grands groupes industriels locaux de tri des déchets, Veolia environnement et Sita Suez.

Il faut savoir si on veut que les PME se développent ou si on veut laisser deux grands groupes s'occuper de l'environnement, a-t-il poursuivi. Il accuse des élus et la Dreal qui veulent avoir notre peau et se dit décidé à faire en sorte que des choses se sachent.

Mardi, l'usine poursuivait son activité et les inspecteurs devraient jeudi constater le non-respect de l'arrêté.

(©AFP / 15 janvier 2013 16h15)


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