Bordeaux : manifestation pour la fermeture immédiate de la centrale du Blayais


BORDEAUX - Entre 200 et 250 personnes ont manifesté dimanche à Bordeaux pour réclamer la fermeture immédiate de la centrale nucléaire du Blayais (Gironde), selon elles trop vieille et dangereuse, a constaté un journaliste de l'AFP.

Derrière une banderoles réclamant la fermeture immédiate de la centrale du Blayais, les manifestants, parmi lesquels des militants de Greenpeace, de l'association antinucléaire Tchernoblaye, d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV) et du NPA, ont défilé sur les quais de Bordeaux en début d'après-midi.

Certains brandissaient des fanions Nucléaire? Non merci tandis que d'autres rythmaient la manifestation en frappant sur des casseroles à l'aide de cuillères.

Le Blayais cumule les raisons pour demander sa fermeture, a expliqué à l'AFP Stéphane Lhomme, directeur de l'Observatoire du nucléaire et de Tchernoblaye.

Selon M. Lhomme, la centrale du Blayais, située sur la commune de Braud-et-Saint-Louis (Gironde), au bord de l'estuaire de la Gironde, est inondable et trop vieille. Entrée en service en juin 1981, elle a dépassé les 30 années de fonctionnement prévues à l'origine. Il n'y aucune raison qu'elle continue, a-t-il estimé.

M. Lhomme a aussi expliqué qu'une vingtaine de militants antinucléaires étaient partis samedi de la centrale pour rallier dimanche Bordeaux. C'est un déplacement symbolique pour rappeler qu'elle est à une soixantaine de kilomètres seulement de l'agglomération bordelaise, a dit le militant antinucléaire.

Nous voulons alerter le public sur le risque du nucléaire, spécialement en France, a pour sa part indiqué la conseillère régionale EELV d'Aquitaine, Marie Bové, plaidant pour le développement des énergies renouvelables (éolien, photovoltaïque, biomasse).

L'élue écologiste a évoqué un rapport de la Commission européenne, publié début octobre, dans lequel des défaillances de sécurité, cependant toutes corrigibles, sont épinglées dans le parc des centrales nucléaires, notamment en France, au Royaume-Uni et en Espagne. Le rapport ne recommande aucune fermeture.

Rappelant Fukushima, en mars 2011, Marie Bové a estimé qu'en matière nucléaire, un accident équivalait à une catastrophe.

La centrale du Blayais emploie 1.900 personnes. Elle fournit 20% de plus que la consommation annuelle d'électricité en Aquitaine et dessert aussi, notamment, l'Espagne.

La direction, qui souligne sa sûreté, attestée par l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), avait indiqué en mars dernier qu'EDF souhaitait exploiter la centrale du Blayais au-delà des 40 ans.

(©AFP / 14 octobre 2012 17h16)


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