Cameroun: l'Onu appelle à une meilleure taxation pour lutter contre la faim


Libreville - L'Onu a appelé le Cameroun à mieux taxer l'exploitation des ressources naturelles pour mieux lutter contre la faim, à l'issue d'une mission d'observation sur place du rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l'alimentation, selon un communiqué lundi.

Au Cameroun, les indicateurs sur la sécurité alimentaire sont au rouge malgré (...) la hausse des revenus liés à l'importante exploitation de ressources naturelles, explique le rapporteur spécial Olivier De Schutter cité dans le communiqué.

A l'issue de sa mission, qui s'est déroulée du 16 au 23 juillet, M. De Schutter en appelle à une imposition plus rigoureuse de l'exploitation des ressources naturelles par les sociétés, en majorité étrangères, qui pratiquent fréquemment l'ingénierie fiscale et l'évasion fiscale pour maximiser les profits rapatriés hors du pays.

Cette stratégie permettrait de financer progressivement une réelle politique de protection sociale, qui aura des effets multiplicateurs significatifs et coûterait l'équivalent de 5% du PNB. Cet objectif est à la portée du Cameroun ajoute le texte.

Selon le communiqué, 81% des ménages ruraux vivant dans le nord sont en situation d'insécurité alimentaire, et subissent des crises, en partie liées aux conditions climatiques, (qui) surviennent tous les deux à quatre ans.

En 2008, le Cameroun était l'un des pays les plus touchés par les hausses de prix alimentaires sur les marchés mondiaux, une crise qui a affecté le pouvoir d'achat des Camerounais les plus vulnérables jusqu'à déboucher sur des troubles sociaux, expliquait mi-juillet un précédent communiqué de l'Onu.

En 2008, la ville de Douala (sud) a connu en des émeutes contre la cherté de la vie, ayant entraîné la mort de 40 personnes, selon un bilan officiel, au moins 139 d'après des ONG.

(©AFP / 23 juillet 2012 17h25)