Carl Bildt pris à partie par des journalistes occidentaux à Sarajevo


SARAJEVO - Le ministre des Affaires étrangère suédois, Carl Bildt, a été pris à partie vendredi par des journalistes occidentaux qui lui ont reproché sa présence à Sarajevo lors du 20e anniversaire du début du siège de la capitale bosnienne, selon des images diffusées par un site d'information local.

Ca nous blesse. Nous sommes Européens et ça nous blesse!, a lancé la journaliste et écrivaine française Florence Hartmann à l'adresse de M. Bildt, venu assister à un concert donné dans le centre de Sarajevo à la mémoire de plus de dix mille victimes tuées pendant le siège.

Je me demande juste pourquoi il est venu, pourquoi il est venu ici aujourd'hui, le 6 avril. Il aurait dû venir quand il pouvait faire quelque chose pour éviter la guerre, a lancé Mme Hartmann, selon des images diffusé par le site www.Klix.ba.

M. Bildt, qui effectue une visite de travail en Bosnie, a été entre 1991 et 1994 le Premier ministre suédois, à savoir pendant une grande partie de la guerre intercommunautaire de Bosnie (1992-95). Il a été aussi le premier Haut représentant de la communauté internationale en Bosnie (1995-97), après la signature de l'accord de paix de Dayton (Etats-Unis) qui a mis fin au conflit.

Au moment où il pouvait faire quelque chose, il disait que (Slobodan) Milosevic (ancien président yougoslave) était un mec bien. Ceci figure dans les transcriptions (officielles) et il le sait. Je suis désolée mais il ne mérite pas d'être ici aujourd'hui, a déclaré Mme Hartmann, qui s'exprimait en anglais.

Florence Hartmann est une ancienne correspondante dans les Balkans du journal français Le Monde et porte-parole de l'ancien procureur du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), Carla Del Ponte.

Tout le monde sait que cette boucherie avait été au mieux tolérée et au pire apaisée pendant trois longues et sanglantes années par la communauté diplomatique et des politiciens, a déclaré pour sa part le journaliste et écrivain britannique, Ed Vulliamy.

Je pense qu'il est prétentieux pour les gens qui avaient été impliqués dans ce processus d'être ici, aujourd'hui, sauf s'ils viennent pour s'excuser du fond de leur coeur auprès du peuple de Bosnie et des fantômes des morts, mais je ne pense pas que ça soit le cas, a ajouté M. Vulliamy, qui était reporter de guerre en Bosnie pendant le conflit.

Vingt ans après le début de la guerre en Bosnie, des milliers de Bosniens ont assisté vendredi à Sarajevo à un concert devant 11.541 chaises vides, du nombre de citoyens tués par les forces serbes pendant le siège qui a duré tout au long de la guerre.

(©AFP / 06 avril 2012 21h31)

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