Catherine Ashton en Israël et dans les Territoires palestiniens mardi


BRUXELLES - La chef de la diplomatie de l'UE, Catherine Ashton, se rendra en Israël et dans les Territoires palestiniens à partir de mardi prochain alors que les relations sont tendues entre les Européens et l'Etat hébreu, a-t-on appris jeudi auprès de ses services.

Mme Ashton se rendra en Israël et dans les Territoires palestiniens de mardi à jeudi, a indiqué un de ses porte-parole, interrogé par l'AFP.

L'objectif de ce voyage est de convaincre les parties en présence de revenir à la table des négociations, a précisé le porte-parole.

Cette visite intervient alors que le climat est tendu entre l'UE et Israël. Plusieurs récents rapports internes de diplomates européens en poste dans le pays, obtenus par l'AFP, ont fustigé la politique de l'Etat hébreu et provoqué la colère des autorités israéliennes.

Dans un de ces rapports, l'UE envisage de mettre les colons violents israéliens sur une liste noire pour les empêcher d'entrer sur son territoire.

Le document de 21 pages accuse Israël de miner systématiquement la présence palestinienne dans Jerusalem par le biais de l'expansion continue des colonies.

Israël a proclamé l'ensemble de Jérusalem sa capitale éternelle et indivisible, tandis que les Palestiniens ambitionnent de faire du secteur oriental de la ville, occupé et annexé après juin 1967, la capitale de leur futur Etat.

L'UE, comme l'ensemble de la communauté internationale, considère Jérusalem-Est comme un territoire occupé et juge illégales toutes les colonies israéliennes au regard du droit international.

Dans un autre rapport confidentiel, l'UE a affirmé que la colonisation et les restrictions imposées aux Palestiniens en Cisjordanie occupée sapent la viabilité d'un futur Etat palestinien.

L'UE s'est aussi récemment inquiétée des discriminations qui touchent la minorité arabe vivant en Israël.

Selon ce document de travail interne, élaboré par les ambassadeurs européens en poste à Tel-Aviv --le premier du genre sur ce sujet sensible--, la façon dont Israël traite ses minorités doit être considérée comme un problème central, et pas secondaire, par rapport au conflit israélo-palestinien.

En réaction, Israël s'est élevé contre une ingérence européenne dans ses affaires intérieures.

Dans une déclaration commune le 20 décembre à l'ONU, l'Allemagne, la France, le Royaume-Uni et le Portugal, membres du Conseil de sécurité, avaient condamné de leur côté les attaques de colons extrémistes contre des Palestiniens et l'accélération de de la colonisation. Israël a réagi en accusant ces quatre pays de perdre leur crédibilité et de se rendre insignifiants.

Mais les 27 pays européens sont divisés sur l'attitude à adopter à l'égard de l'Etat hébreu.

(©AFP / 19 janvier 2012 13h22)