Chalutage profond: la Scapêche étudie une plainte contre Greenpeace


RENNES - La Scapêche, filiale d'Intermarché et premier armement français pour la pêche en eau profonde, a annoncé étudier une plainte contre Greenpeace après deux actions de l'ONG écologiste contre des bateaux de sa flotte au large de l'Ecosse et de l'Irlande.

La plainte est en cours de finalisation. Ce n'est pas dans notre culture, mais cela n'a que trop suffi, a déclaré à l'AFP Tristan Douard, directeur de l'armement basé à Lorient (Morbihan), en dénonçant des actions dangereuses et fautives.

Mercredi, un canot de Greenpeace a chaviré après s'être pris dans un câble de chalut du Jean-Claude Coulon II, en marge d'une opération de pêche à l'ouest de l'Ecosse. Les quatre occupants ont pu être tirés de l'eau indemnes par un autre canot de Greenpeace, a indiqué l'ONG.

Deux semaines plus tôt, le 26 octobre, au large de l'Irlande, quatre militants de l'organisation s'étaient jetés à l'eau devant l'étrave d'un autre chalutier de la Scapêche, le Pierre-Jacques Matigny, et n'avaient pu être évités que de justesse par celui-ci, selon M. Douard.

Une porte-parole de Greenpeace a souligné jeudi que les actions de l'ONG ne visaient pas spécifiquement l'armement lorientais, mais plus généralement les pratiques destructrices du chalutage profond, et s'inscrivaient dans le cadre d'une campagne pour la réforme de la politique des pêches européenne.

La Scapêche exploite la première flotte française de chalutage profond (entre 600 et 1.500 mètres), avec sept bateaux qui ont pêché 7.100 tonnes de poissons en 2010, principalement du grenadier, du sabre et de la lingue bleue.

Greenpeace demande un moratoire sur la pêche de ces espèces qu'elle juge très menacées, une affirmation contestée par M. Douard, qui met en avant une inversion des tendances et les pratiques responsables de sa flotte. Nous refusons d'être des victimes expiatoires alors que nous sommes ceux qui bossons le mieux, a-t-il déclaré.

(©AFP / 10 novembre 2011 12h01)


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