Chine: l'infection d'un malade par le virus H7N9 confirmée dès le 10 mars


PEKIN - L'infection d'un homme décédé par le virus H7N9 de la grippe aviaire a été confirmée par deux examens de laboratoire dès le 10 mars, a rapporté mercredi un journal chinois, alors que l'annonce officielle de ce décès ne remonte qu'au 31 mars, soit trois semaines plus tard.

Selon le quotidien cantonais Nanfang Dushibao, un premier examen de laboratoire avait permis de repérer le virus H7N9 chez le premier mort connu de cette forme de grippe aviaire dès le jour de son décès le 4 mars à Shanghai.

Le 10, un deuxième examen confirmait qu'il s'agissait bien de ce type de virus, qui jusque-là n'avait pas infecté l'être humain.

Les autorités sanitaires de la capitale économique chinoise ont ensuite attendu jusqu'au 22 mars pour transmettre les échantillons au Centre chinois de prévention et de contrôle des malades pour vérification, précise le Nanfang Dushibao.

Ce centre a lui-même confirmé le 29 mars la présence du H7N9 chez le défunt, que la Commission nationale de la Santé et du planning familial a annoncé le 31 mars.

Si les échantillons avait été emmenés pour examen à Pékin le 10 mars, et (les résultats) rendus publics dans tout le pays le 19 (soit également neuf jours plus tard, NDLR), le nombre d'infections et de décès n'aurait-il pas été moins élevé ? se demande le journal.

Le Nanfang Dushibao relève encore que se tenait alors à Pékin la réunion annuelle du parlement chinois qui a nommé les nouveaux dirigeants du pays, un moment où les gouvernements locaux n'osaient pas commettre la moindre erreur.

Les autorités ont par ailleurs arrêté au moins 12 personnes pour propagation de fausses rumeurs sur la grippe H7N9, selon plusieurs communiqués officiels diffusés mercredi.

A Guiyang (sud-ouest), la police a arrêté trois personnes affirmant que le virus H7N9 avait été repéré sur un marché aux volailles, et affirmé que cette rumeur avait semé la panique chez les citoyens et les internautes.

La présence chez l'homme du virus H7N9, confirmée chez 31 personnes dont neuf sont mortes, reste pour l'instant officiellement circonscrite à trois provinces de l'est du pays et à la municipalité de Shanghai.

Dans cette région, trois personnes ont également été arrêtées dans la province du Zhejiang, deux dans celle du Jiangsu et deux dans l'Anhui pour avoir répandu de fausses informations.

Enfin, deux arrestations ont eu lieu dans le Fujian (sud-est) et le Shaanxi (nord).

Alors que des blogueurs chinois ont exprimé dès début avril leur colère devant la lenteur des autorités à publier les premiers cas humains de grippe H7N9, le représentant de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) en Chine, Michael O'Leary, avait au contraire estimé que Pékin les avaient rapportés en temps voulu.

De nombreux éditoriaux de la presse chinoise ont conseillé aux autorités de tirer les leçons, notamment en terme de communication, de l'épidémie du Sras il y a dix ans. Lors de cette pandémie de pneumonie atypique, partie de Chine, l'OMS avait vivement critiqué Pékin pour avoir tardé à donner l'alerte et tenté de dissimuler l'ampleur de l'épidémie.

Mais, contrairement au Sras, aucune contamination d'homme à homme n'a été établie à ce jour pour la grippe aviaire.

(©AFP / 10 avril 2013 11h44)