Chine: un monastère tibétain devenu prison virtuelle selon son responsable


pekin - Un monastère tibétain du sud-ouest de la Chine, théâtre de récentes protestations désespérées de bonzes et bouclé par les forces de l'ordre, est devenu une prison virtuelle pour ses occupants, a affirmé mercredi le responsable en exil de ce monastère.

Tous les moines (du monastère de Kirti, dans la province du Sichuan), jeunes ou âgés, sont soumis jour et nuit à la privation de toutes les libertés, a expliqué Kirti Rinpoché, en exil à Dharamsala (Inde), cité par l'association International Campaign for Tibet (ICT), basée à Londres.

La religion et la culture tibétaine subissent une telle répression indicible et la désespérance a atteint un tel niveau que les gens choisissent de se suicider plutôt que de continuer à vivre, a-t-il ajouté.

Deux jeunes Tibétains, d'anciens bonzes du monastère de Kirti, ont tenté vendredi de s'immoler par le feu.

Les deux jeunes hommes, identifiés comme Choephel, 19 ans et Khayang, 18 ans, sont décédés, a affirmé ICT dans un communiqué.

Mais un porte-parole local du Parti communiste, joint par téléphone par l'AFP, a assuré au contraire que les deux hommes étaient hospitalisés et vivants.

Ils ne sont parvenus à rien, ils ne vont pas influencer la politique du gouvernement, a-t-il ajouté.

L'organisation de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch a de son côté demandé mercredi à la Chine de cesser sa répression visant le monastère de Kirti, ainsi que d'autres monastères tibétains et d'autres communautés civiles ou religieuses tibétaines.

Les mesures de sécurité pour museler le droit à la libre expression, à la libre association et à la liberté de croyance religieuse sont illégales, a affirmé Sophie Richardson, directrice pour la Chine à Human Rights Watch.

Les dernières tentatives d'immolation se sont déroulées dans la préfecture d'Aba, théâtre de fréquentes protestations contre le régime communiste de Pékin, accusé de répression féroce dans cette région de la province du Sichuan peuplée de nombreux Tibétains.

Il y a eu sept tentatives d'immolation dans les régions tibétaines du Sichuan (sud-ouest de la Chine, est du Tibet géographique) depuis le mois de mars, selon l'association Free Tibet, dont le siège est à Londres.

Le monastère tibétain de Kirti a été secoué par des troubles au printemps, après qu'un moine s'y fut immolé le 16 mars, pour l'anniversaire du début des émeutes antichinoises de 2008 à Lhassa.

La Chine, qui affirme avoir libéré pacifiquement le Tibet en 1951, contrôle encore plus étroitement cette région autonome et les provinces limitrophes à population tibétaine depuis les émeutes de 2008.

(©AFP / 12 octobre 2011 06h37)