Chypre/aide aux banques: les conditions russes plus favorables qu'UE et FMI


STRASBOURG (Parlement européen) - Les conditions offertes par la Russie à Chypre sont plus favorables que celles offertes par l'UE et le FMI, avec lesquelles l'île négocie une aide pour ses banques en difficulté, a indiqué mercredi le président chypriote Demetris Christofias.

Les conditions offertes par la Russie sont plus favorables, car Moscou, au contraire de la troïka (BCE, Commission européenne et FMI), ne pose aucune condition et propose simplement des taux d'intérêt bas. Point, a-t-il assuré lors d'un point presse.

Selon une source diplomatique chypriote, les négociations avec la Russie se déroulent en parallèle avec celles menées avec la troïka, arrivée mardi dans l'île pour évaluer ses besoins et fixer les conditions de l'aide internationale.

Chypre avait déjà obtenu fin 2011 un prêt à taux bonifié de 2,5 milliards d'euros pour 2012 auprès de la Russie. Du fait notamment de sa culture orthodoxe, le pays a des liens culturels et traditionnels avec la Russie qui remontent très loin, a souligné le président Christofias.

Il a par ailleurs promis de se battre pour que son pays conserve la taxe sur les entreprises la plus faible d'Europe, à hauteur de 10%.

Cette taxe sur les sociétés remonte à bien avant l'adhésion à l'UE, et relève de la politique nationale et non des compétences européennes, a précisé M. Christofias.

Chypre va lutter pour que ce régime reste en place, c'est notre moyen de survie, a-t-il assuré, soulignant que s'il devait relever la taxe à 15%, immédiatement les entreprises qui se trouvent à Chypre partiraient ailleurs, notamment dans les pays voisins.

La République de Chypre ne peut plus emprunter sur les marchés internationaux de la dette et les trois principales agences de notation ont ramené sa note au niveau spéculatif.

Selon certains analystes, le montant total de l'aide dont aurait besoin Chypre à la fois pour venir en aide à ses banques en difficulté et pour équilibrer ses finances publiques serait de l'ordre de 10 milliards d'euros.

(©AFP / 04 juillet 2012 14h05)