Climat: les compagnies aériennes demandent à Bruxelles de revenir sur terre


BRUXELLES - Les compagnies aériennes européennes ont chiffré mercredi à 17,5 milliards d'euros le montant de leur contribution obligatoire à la lutte contre le réchauffement climatique dans l'UE entre 2012 et 2020 et jugé l'effort considérable.

Les compagnies aériennes desservant l'Union européenne seront en effet contraintes à partir de 2012 de payer un dédommagement pour 15% de leurs émissions de CO2 sur le trajet, avec pour objectif de réduire ces émissions.

Trois associations représentants les compagnies de l'UE ont dénoncé dans un communiqué au ton virulent les commentaires faits la veille par la Commissaire au Climat, Connie Hedegaard, sur cette contribution.

Au prix courant du marché, ces quotas gratuits -- 182 millions de tonnes en 2012, 172 millions de tonnes en 2013 et les années suivantes-- représentent plus de 20 milliards d'euros sur la prochaine décennie, avait-elle soutenu dans un communiqué

Grâce à ces revenus potentiels, les compagnies aériennes pourraient investir dans la modernisation des flottes, l'amélioration de l'efficacité énergétique et l'utilisation de carburant aviation non fossile, avait-elle préconisé.

Considérer des permis comme des revenus est complètement absurde, s'est insurgé Ulrich Schulte-Strathaus, secrétaire général de l'Association des compagnies européennes (AEA).

La Commission européenne doit revenir sur terre. Affirmer que les compagnies vont tirer bénéfice d'une mesure qui va les priver de revenus est une méconnaissance grave de la réalité économique, a pour sa part averti Sylviane Lust, directrice générale de l'Association internationale des transporteurs aériens (IACA).

La Commission a tout faux. Les compagnies vont devoir en fait acheter en moyenne 27% de ces permis et cela va réduire leurs investissements dans les nouvelles technologies et les biocarburants, a renchéri Mike Ambrose, secrétaire général de l'association des compagnies régionales (ERA).

Les trois associations ont basé leurs calculs sur un prix de la tonne de CO2 à 28 euros en 2020. Elle vaut actuellement moins de la moitié de ce montant.

Au prix actuel du marché du CO2, ces 15% vont coûter 380 millions d'euros aux compagnies en 2012, a indiqué mardi la Commission.

L'aviation compte pour 3% des émissions de gaz à effet de serre émises chaque année.

Près de 900 compagnies aériennes européennes et non européennes sont concernées par cette contribution obligatoire très contestée et attaquée devant la Cour européenne de Justice par l'Association des transporteurs aériens des Etats-Unis. L'avocat général de la CEJ devrait rendre son avis le 6 octobre.

(©AFP / 27 septembre 2011 16h31)