Clinton appelle le Hongrois Orban à faire des progrès en démocratie


BUDAPEST - La chef de la diplomatie américaine, Hillary Clinton, a invité jeudi à Budapest le dirigeant hongrois Viktor Orban à faire des progrès en matière de démocratie, alors qu'il est accusé en Europe et par l'opposition hongroise de faire reculer l'état de droit.

Nous avons parlé très ouvertement de la préservation des institutions démocratiques en Hongrie, a-t-elle lancé lors d'une conférence de presse conjointe avec M. Orban.

Le gouvernement conservateur de Budapest a inquiété l'Union européenne en faisant adopter une nouvelle Constitution jugée néfaste à la séparation des pouvoirs, ainsi qu'une législation considérée restrictive sur les médias.

Mme Clinton a certes salué la contribution exceptionnelle de la Hongrie en Afghanistan, et salué les efforts de Budapest pour enrayer les actes de violence subis par les Roms en Hongrie.

Mais elle a aussi rapporté avoir dit à Viktor Orban sa préoccupation (...) pour l'indépendance de la justice et la liberté de la presse en Hongrie.

Elle a aussi insisté sur la nécessité, pour la Hongrie, d'avoir une constitution compatible avec les valeurs européennes, et respectueuse de l'équilibre des pouvoirs.

Hillary Clinton avait inauguré un peu plus tôt au parlement hongrois l'Institut Tom Lantos, du nom de ce parlementaire américain d'origine hongroise décédé en 2008, un survivant de l'Holocauste qui fut aussi un ardent défenseur des droits de l'homme partout dans le monde.

Nous ne pouvons pas nous permettre de laisser une démocratie reculer, où que ce soit, a-t-elle lancé à cette occasion aux parlementaires hongrois, en grande majorité membres du Fidezs conservateur du Premier ministre. Ce qui se passe à Tunis et au Caire a un effet à Budapest, Djakarta, Washington, et vice-versa.

Les démocraties établies, a-t-elle dit, doivent faire profiter de leur expérience les nouvelles démocraties apparues au Proche-Orient et en Afrique du Nord, et manifester de la solidarité envers ceux qui se battent pour la démocratie au Bélarus, en Libye et ailleurs dans le monde.

La secrétaire d'Etat, dans une allusion à la Chine, a aussi fustigé les pays qui donnent la priorité à la croissance économique nationale sur la liberté et les droits de l'homme, comme si ces éléments n'étaient ni compatibles, ni nécessaires l'un à l'autre.

Avant sa brève visite à Budapest, d'anciens dissidents hongrois lui ont lancé un appel pour qu'elle aide à préserver la démocratie hongroise, mise en danger selon eux par Viktor Orban.

(©AFP / 30 juin 2011 13h56)