Clinton: la position du pouvoir syrien moins tenable de jour en jour


WASHINGTON - Le président syrien Bachar al-Assad n'a pas engagé de réformes sérieuses et la position de son gouvernement est moins tenable de jour en jour, a déclaré mardi la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton.

Dans les déclarations les plus claires à ce jour laissant entendre que Washington s'apprête à demander à Bachar al-Assad de se retirer, Mme Clinton a rappelé que le président Barack Obama avait donné au dirigeant syrien le choix entre mener la transition politique et s'en aller.

Chaque jour qui passe, le choix est fait par défaut. Il (Assad) n'a pas appelé à mettre fin aux violences contre son propre peuple, et il ne s'est engagé dans aucun effort de réforme que ce soit, a dit Mme Clinton à la presse.

Chaque jour qui passe, la position du gouvernement (syrien) devient moins tenable et les exigences de changement du peuple syrien ne font que se renforcer, a poursuivi la chef de la diplomatie américaine. C'est pourquoi nous continuons à appeler instamment à la fin des violences et au commencement d'un processus réel qui pourrait amener aux changements réclamés, a-t-elle ajouté.

Mme Clinton s'est dite très préoccupée par les informations selon lesquelles un enfant de 13 ans aurait été torturé et tué par les forces de sécurité syriennes dans la région de Deraa, foyer de la contestation.

En fait, je pense que ce que cela symbolise aux yeux de nombreux Syriens, c'est l'abandon absolu de tout effort de la part du gouvernement syrien pour coopérer avec son propre peuple et l'écouter, a-t-elle dit.

Je peux juste espérer que cet enfant n'est pas mort en vain et que le gouvernement syrien va mettre fin aux brutalités et entamer la transition vers une démocratie réelle, a-t-elle ajouté.

Bachar al-Assad a dit beaucoup de choses ces dernières semaines et ces derniers mois, mais nous n'avons vu que très peu d'actes concrets de (sa) part, avait déclaré un peu plus tôt mardi à la presse un porte-parole de Mme Clinton, Mark Toner.

Il a parlé de réformes mais nous n'avons vu que très peu d'avancées dans cette direction, a-t-il ajouté. Nous allons donc attendre de voir si des actes vont suivre.

Le président Assad a décrété mardi une amnistie générale s'étendant aux membres des Frères musulmans et aux détenus politiques, a rapporté l'agence officielle Sana.

Cette initiative a aussitôt été jugée trop tardive par l'opposition, tandis que la répression se poursuivait, faisant trois morts parmi les manifestants.

Ce n'est pas la première fois que le régime syrien fait montre d'ouverture en réponse aux manifestations pro-démocratie qui secouent le pays depuis le 15 mars. En avril déjà, M. Assad avait levé l'état d'urgence en vigueur depuis des décennies. Mais cela n'avait pas empêché la poursuite de la répression sanglante.

(©AFP / 01 juin 2011 00h43)