Constitution: la Hongrie prête à faire quelques concessions


BUDAPEST - La Hongrie est prête à faire quelques concessions concernant la récente modification controversée de sa Constitution afin de répondre aux inquiétudes de la Commission européenne, a déclaré vendredi le Premier ministre conservateur Viktor Orban.

Sur les trois éléments soulevés par José Manuel Barroso (président de la Commission, ndlr), nous pouvons faire des concessions sur deux points, a indiqué le chef de gouvernement dans son intervention hebdomadaire à la radio nationale MR1.

Le 12 avril, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, avait fait part des graves inquiétudes soulevées à Bruxelles par le récent amendement de la nouvelle Constitution hongroise, le quatrième en l'espace de quinze mois.

Ce texte limite notamment les prérogatives de la Cour constitutionnelle, prône une définition de la famille jugée restrictive et permet d'expulser les SDF des lieux publics. M. Orban juge de son côté que l'amendement est conforme aux valeurs européennes.

Sur les trois points qui, selon M. Orban, inquiètent M. Barroso, le Premier ministre se dit ouvert au compromis sur le texte empêchant les grands partis de mener une campagne électorale sur des chaînes de télévision privées et sur celui autorisant la seule présidente de l'office nationale de la justice à déplacer à sa guise des procès dans le pays.

Concernant la première question, nous sommes prêts à introduire une exception stipulant que les nouvelles règles ne concerneront pas les élections européennes, a fait savoir M. Orban.

Et si l'UE veut que le déplacement des procès ne concerne pas les cas où l'UE est impliquée, nous proposerons une solution avec plaisir, a-t-il ajouté.

Le troisième contentieux avec M. Barroso concerne, toujours selon M. Orban, la mise en place d'un impôt spécifique potentiel sur la population au cas où Budapest devrait payer une amende suite notamment à une procédure en infraction de l'UE.

A ce sujet, le cabinet hongrois ne fera pas marche arrière, car nous ne sommes pas prêts à augmenter notre déficit public à cause d'une amende ou d'un dédommagement international, a-t-il dit.

La Commission a menacé le pays de nouvelles procédures en infraction liées à la modification de la Constitution.

Budapest est par ailleurs sous le coup d'une procédure pour déficit excessif depuis son entrée à l'UE en 2004. M. Orban espère qu'elle sera close cet été, soulignant que la Hongrie est l'un des cinq pays de l'UE dont le déficit est, avec 2,4% en 2012, inférieur à la limite des 3%.

M. Orban s'est plaint d'être sous les attaques constantes (de l'UE) qui visent à maintenir la pression sur le pays pour le faire dévier de la voie économique qu'il a empruntée.

Cette pression est exercée seulement parce que le gouvernement a osé marcher sur les pieds des grandes entreprises multinationales, a-t-il jugé.

Il fait référence aux nombreuses taxes de crise imposées aux groupes étrangers des secteurs bancaires ou des télécommunications. Récemment, le gouvernement a imposé une baisse de 10% pour les ménages des prix de détail de l'électricité, du gaz et du chauffage, faisant supporter le coût aux fournisseurs.

Six d'entre eux, filiales des allemands RWE, EON et du français EDF, ont porté plainte et obtenu gain de cause devant la justice qui a ordonné le lancement d'une nouvelle procédure pour évaluer le niveau des prix.

(©AFP / 19 avril 2013 11h37)