Crise: les Européens manquent souvent de force face aux sacrifices


CITE DU VATICAN - Le pape Benoît XVI a jugé jeudi que la crise dans laquelle est plongée l'Europe est en profondeur une crise éthique, les Européens manquant souvent de la force motivante pour mettre en oeuvre les sacrifices qu'implique la solidarité avec les plus pauvres.

L'Europe se trouve dans une crise économique et financière qui, en dernière analyse, se fonde sur la crise éthique qui menace le Vieux continent, a déclaré le pape lors de son discours annuel devant la Curie romaine, réunie dans la Salle Clémentine au Vatican.

Même si des valeurs comme la solidarité, l'engagement pour les autres, la responsabilité pour les pauvres et les personnes souffrantes sont en grande partie indiscutés, il manque souvent une force motivante, capable de stimuler l'individu et les grands groupes sociaux aux renoncements et aux sacrifices, a déclaré le souverain pontife, dans ce discours axé sur la nouvelle évangélisation, priorité de son pontificat.

De cette crise montent des demandes très fondamentales: où est la lumière qui peut illuminer notre connaissance non seulement avec des idées générales mais aussi avec des impératifs concrets' Où est la force qui élève notre volonté? Ce sont des demandes auxquelles notre annonce de l'Evangile, la nouvelle évangélisation, doit répondre, a-t-il poursuivi.

Le pape de 84 ans, qui avait les traits tirés par la fatigue et que les cardinaux ont longuement salué les uns après les autres, a parlé des jeunes comme acteurs essentiels de la nouvelle évangélisation.

Accueillant le pape, l'ancien numéro deux du Saint-Siège, le cardinal Angelo Sodano, avait souligné que les cardinaux, bien qu'âgés, veulent aussi l'aider dans cette tâche: Certains d'entre eux sont au summum de leurs forces, d'autres, déjà avancés en âge, sentent le poids des années, expérimentant ce que dit une chanson populaire: vivre n'est pas toujours de la poésie, avait-il noté.

Le pape est longuement revenu sur les Journées mondiales de la jeunesse (JMJ) à Madrid en août, insistant sur la joie des jeunes présents, en plus de leur universalité qui fait que séparation et diversité extérieures sont relativisées: Le facteur décisif de cette joie est la certitude qui provient de la foi: je suis voulu. J'ai une mission. Je suis accepté, je suis aimé.

Le pape a enfin évoqué la réforme de l'Église demandée par de larges secteurs de fidèles et de prêtres en Europe et en Amérique du Nord.

Il y a des discussions sans fin sur ce qu'il faut faire pour inverser cette tendance. Certes, il faut faire beaucoup de choses! Mais uniquement le faire ne résout pas le problème. Le centre de la crise de l'Église en Europe est la crise de la foi. Si nous ne trouvons pas une réponse à celle-ci, (...) toutes les autres réformes resteront inefficaces, a-t-il argumenté.

L'ancien professeur de théologie Joseph Ratzinger, pape depuis six ans et demi, insiste sur sa mission de rendre le message crédible et audible en revenant aux fondamentaux de la foi. Mais certains dans l'Eglise lui reprochent de refuser les réformes qu'exigerait un monde en rapide mutation.

(©AFP / 22 décembre 2011 12h54)