Cuba: 20 ans de prison pour corruption pour un chef d'entreprise chilien


LA HAVANE - Un chef d'entreprise chilien a été condamné par contumace à La Havane à vingt ans de prison, et un ex-ministre cubain à 15 ans pour une affaire de corruption, ont annoncé jeudi les autorités cubaines.

Le Chilien Max Marambio, 63 ans, a été jugé coupable de corruption, escroquerie et falsification de documents bancaires ou de commerce, avec un caractère aggravant de continuité dans le temps, indique un communiqué du gouvernement cubain publié dans le quotidien officiel Granma.

Dans la même affaire, l'ancien ministre de l'Industrie alimentaire Alejandro Roca, 75 ans, a été condamné pour des délits de corruption de caractère continu et d'activités préjudiciables à l'activité économique, ajoute le texte.

Les deux hommes avaient été jugés fin mars à La Havane et le jugement, qui correspond aux réquisitions du parquet, avait été placé en délibéré.

Du Chili où il vit, Max Marambio a appelé Cuba à demander son extradition pour y être jugé de manière légitime. Il a attribué sa condamnation à une pure persécution politique et expliqué qu'il n'était pas en odeur de sainteté avec Raul Castro, le président cubain.

Les faits reprochés aux deux hommes -dont les détails n'ont pas été rendus publics- sont intervenus alors que Max Marambio dirigeait l'entreprise mixte cubano-chilienne Alimentos Rio Zaza. Avec deux usines de conditionnement alimentaire à Cuba (jus de fruits, céréales, produits laitiers, etc.), l'entreprise réalisait un chiffre d'affaires de 100 millions de dollars par an.

Alejandro Roca, membre du comité central du Parti communiste de Cuba (PCC) dans les années 90, avait été nommé ministre de l'Industrie alimentaire en 1989, puis limogé en mars 2009.

L'affaire avait éclaté avec la découverte en avril 2010 du cadavre du gérant d'Alimentos Rio Zaza, le Chilien Roberto Baudrand, décédé d'une insuffisance respiratoire liée à l'ingestion de médicaments et d'alcool.

Max Marambio et son frère Marcel, tous deux anciens militants du mouvement de gauche chilien MIR et proches du régime de Fidel Castro, n'avaient alors pas répondu aux convocations de la justice cubaine et étaient restés au Chili.

L'affaire avait également éclaboussé d'autres entreprises cubaines dont les dirigeants avaient été limogés.

(©AFP / 05 mai 2011 20h22)