Cytotec/accouchement : les gynécos taclent l'agence du médicament


PARIS - Le collège national des gynécologues et obstétriciens français a critiqué jeudi la mise en garde de l'agence du médicament (ANSM) sur l'usage d'un médicament contre l'ulcère pour déclencher des accouchements, jugeant que cet avis enfonce des portes ouvertes et relève d'un usage abusif, selon lui, du principe de précaution.

L'ANSM a mis en garde lundi, sans aucune concertation avec la profession, contre les dangers potentiels liés à l'utilisation hors AMM (autorisation de mise sur le marché) du Cytotec (misoprostol) pour déclencher l'accouchement, évoquant des risques de rupture de l'utérus, d'hémorragies ou d'anomalies du rythme cardiaque du foetus.

Cette +mise en garde+ enfonce des portes ouvertes : quel est le médicament qui, provoquant des contractions utérines dans le but de déclencher un accouchement n'augmente pas les risques de +rupture utérine, d'hémorragies ou d'anomalies du rythme cardiaque foetal + lance le Collège (Cngof) dans un billet d'humeur.

Les professionnels le savent et sont eux-mêmes à l'origine de très nombreux travaux pour en analyser les raisons et améliorer les procédures afin de diminuer le risque qui n'est pas propre au misoprostol, assure-t-il.

Pour le Cngof , le syndrome du sang contaminé qui atteint les politiques et leur fait brandir à tout bout de champ le trop fameux principe de précaution sévit à présent dans les agences sanitaires mises en cause dans l'histoire des pilules.

Le Collège affirme, contrairement à l'ANSM, qu'il y a des données considérables, académiques, françaises et étrangères, sur le déclenchement de l'accouchement avec ce médicament.

S'il n'y a pas d'AMM, c'est qu' il y a peu de laboratoires prêts à investir dans les études nécessaires pour l'obtenir, estime-t-il, en évoquant un retour sur investissement sûrement insuffisant et les risques juridiques inhérents à l'obstétrique.

Le Collège se dit sérieusement préoccupé pour l'avenir qu'une agence sanitaire ignore volontairement les professionnels et décrète comment la médecine doit se pratiquer.

(©AFP / 28 février 2013 19h47)