Déchets radioactifs à Bure: les populations locales pas assez consultées


PARIS - Les populations concernées par le projet de création à Bure (Meuse) d'un site de stockage souterrain de déchets radioactifs ont été délaissées lors du débat public, a estimé mardi un collectif d'opposants à la veille de la publication des conclusions de ce débat.

Les gens de la région concernée, en Meuse et dans la Haute-Marne, n'ont pas eu une place assez importante. Le débat public s'adressait en grande partie à ces gens-là et ils ont été squeezés, a regretté Michel Marie, porte-parole du Collectif contre l'enfouissement des déchets nucléaires (Cedra).

La Commission nationale du débat public (CNDP), qui a chapeauté le processus de consultation lancé au printemps 2013, présente ce mercredi ses conclusions et ses propositions, le matin à Paris et l'après-midi à Bar-le-Duc (Meuse).

Le projet à Bure de tombeau des déchets radioactifs les plus dangereux est un sujet ultra-sensible car il s'agit de stocker dans les sous-sols pour des dizaines de milliers d'années quelque 3% du volume total des déchets radioactifs produits en France, qui concentrent à eux seuls plus de 99% de la radioactivité.

Le calendrier actuel, fixé par une loi de 2006, prévoit une demande d'autorisation en 2015 en vue d'un décret d'autorisation en 2018 et une mise en service industrielle en 2025.

Le débat public, prévu par la loi, avait été lancé au printemps 2013 mais avait rapidement tourné court sur le terrain, les adversaires du projet les plus remontés ayant fait avorter les deux premières réunions publiques. Le débat s'est ensuite poursuivi sur internet jusqu'à mi-décembre avec neuf débats contradictoires en ligne et la collecte de questions, d'avis et de contributions des acteurs concernés.

Une conférence de citoyens, s'appuyant sur un panel de 17 personnes dont 8 originaires de la région concernée, a émis un avis distinct le 3 février: ils plaident notamment pour une révision du calendrier, jugé pas réaliste sans une phase d'expérience grandeur nature.

Le projet est porté par l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), qui a implanté à Bure en 2000 un laboratoire souterrain, à quelque 500 mètres de profondeur.

(©AFP / 11 février 2014 16h02)