Départ du pape Benoît XVI pour un voyage historique au Liban


AEROPORT DE CIAMPINO (Italie) - Benoît XVI a quitté Rome vendredi pour le Liban, où il appellera les quelque 15 millions de chrétiens du Moyen Orient à rester aux côtés des musulmans, en coexistence pacifique, dans une région que bouleversent la guerre en Syrie et la montée de l'islamisme.

Le pape, 85 ans, effectue un voyage non sans risque dans ce petit pays adossé à la Syrie. Cette visite intervient aussi au moment où un film américain ridiculisant le Prophète Mahomet a conduit à des manifestations violentes dans plusieurs capitales de la région et une attaque à Benghazi (Libye), qui a causé la mort de quatre Américains, dont l'ambassadeur.

Accompagné d'une forte délégation comprenant plusieurs cardinaux, Benoît XVI est attendu à Beyrouth à 13H45 locales (10H45 GMT).

Ses propos sont très attendus et seront soupesés par chacun sur le dialogue avec l'islam, la démocratie, mais aussi la question syrienne et le conflit israélo-palestinien. Mais le pape ne vient pas dans la région en puissant chef politique, a prévenu le porte-parole du Vatican, le père Federico Lombardi, et Joseph Ratzinger devrait donc éviter les prises de position politiques.

Benoît XVI pourrait en revanche lancer un nouvel appel à la cessation immédiate de toute violence et à des livraisons d'armes aux belligérants, et évoquer le sort des réfugiés palestiniens, syriens, irakiens.

Dans son programme chargé à l'occasion de sa première visite dans le pays du Cèdre, il prononcera pas moins de huit discours et adresses, et se rendra aux sièges de quatre patriarcats d'Eglises rattachées à Rome.

Toutes les composantes du pays, chrétiens catholiques et orthodoxes, mais aussi musulmans --sunnites comme chiites-- se sont mobilisés pour faire bon accueil au pape, qui devrait être reçu chaleureusement, même s'il ne reçoit pas l'accueil enthousiaste de Jean Paul II en 1997.

Il remettra son exhortation apostolique aux évêques de la région donnant les lignes directrices que devront suivre les Eglises catholiques au Moyen Orient. En 2010, un synode au Vatican avait défini les priorités pour ces Eglises, cependant avant le Printemps arabe, qui a largement changé la donne.

La visite a été préparée minutieusement sur le plan de la sécurité. Le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d'Etat (numéro deux) dans une interview au quotidien Le Figaro, a affirmé que le Vatican n'avait reçu jusqu'à présent jamais de données suffisamment graves pour envisager l'annulation de la visite.

(©AFP / 14 septembre 2012 10h10)