Des milliers d'indignés réunis dans plusieurs villes du Canada


MONTREAL - Pancartes ou guitares en main, des indignés de plusieurs villes du Canada ont manifesté samedi en scandant des slogans, tout en invitant via les réseaux sociaux d'autres personnes à les rejoindre, pour répondre à l'appel mondial contre la précarité.

A Toronto, plus de mille personnes ont défilé pacifiquement dans le quartier financier de la ville avant de planter des tentes dans un parc.

Des centaines d'autres indignés se sont réunis à Halifax, dans la capitale Ottawa, à Vancouver et à Montréal pour réclamer une meilleure répartition des richesses, une plus grande responsabilisation des entreprises, la vérité derrière 9/11, défendre les droits des animaux, soutenir la Palestine ou juste pour s'unir afin d'exister.

A Ottawa, environ 300 personnes, dans une ambiance festive, ont brandi des pancartes à l'image de Jess Ménard, une étudiante de 20 ans, affirmant: Nous devons arrêter de consentir à ce système économique qui place les profits avant les gens. Un message repris par le comédien Jeff MacKay: Je veux savoir où va mon argent, a-t-il déclaré, réclamant une réglementation plus sévère du secteur financier.

A Montréal, où plus de 500 personnes étaient réunies samedi après-midi, Geneviève Dick, une étudiante en philosophie qui travaille comme traductrice, plante sa tente malgré le fort vent et explique: On veut se montrer visible au 1% qui nous gouverne et bâtir des liens avec d'autres citoyens, créer une alternative.

Pour se réchauffer, certains ont esquissé des pas de danse en suivant les membres du collectif Salsa aux pieds nus, dont fait partie Carmen Ruiz. Agée de 32 ans, enceinte, elle n'a jamais eu de carte de crédit et se dit inquiète pour l'avenir mais d'un autre côté, elle estime que les choses peuvent changer car les gens se rassemblent. Maintenant plus que jamais, je veux avoir de l'espoir.

Si à Montréal, Toronto et Vancouver, les manifestants se préparent à un mouvement de protestation de longue haleine, commençant d'ailleurs à s'organiser avec des tentes et la distribution de repas, à Ottawa, l'étudiante Jess Ménard estime que la manifestation s'arrêtera à la nuit tombée.

A Montréal, Geneviève Dick affirme qu'elle ne compte pas lâcher ses cours mais qu'elle reviendra pour étudier et dormir dans sa tente sur le Square Victoria que les manifestants veulent rebaptiser le Carré du peuple.

(©AFP / 15 octobre 2011 22h51)