Dette: la Chine salue le plan anticrise annoncé par l'UE


pekin - La Chine a salué jeudi le plan anticrise annoncé par l'UE à Bruxelles, estimant qu'il devrait soutenir la confiance des marchés et insuffler une nouvelle vitalité à l'intégration européenne.

La zone euro est parvenue après des discussions marathon à boucler jeudi matin un plan censé assurer sa survie, qui passe par une forte réduction de la dette de la Grèce et la mobilisation de 1.000 milliards d'euros pour empêcher la contagion, notamment à l'Espagne et l'Italie.

La Chine, deuxième économie mondiale, salue le consensus européen sur la crise de la dette au sommet européen, a déclaré un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

Nous pensons qu'il aidera à soutenir la confiance des marchés en promouvant un développement économique durable de l'UE et de la zone euro et en insufflant une nouvelle vitalité à l'intégration européenne, a dit ce porte-parole, Mme Jiang Yu.

Nous souhaitons une Union européenne et une zone euro stables sur le plan économique. Nous pensons qu'une croissance continue, stable et saine de l'UE, qui est la première économie mondiale, est vitale pour la reprise économique mondiale, a poursuivi Mme Jiang.

Lors d'un point de presse régulier, elle a confirmé que le président chinois Hu Jintao devait s'entretenir jeudi au téléphone avec son homologue français Nicolas Sarkozy et avoir un échange de vues sur la situation financière internationale.

Cet appel devrait intervenir à 18H00 locales (10H00 GMT), selon des sources diplomatiques.

La Chine soutient les mesures actives de l'Europe pour répondre à la crise financière. Nous devrions explorer les moyens de renforcer la coopération bilatérale sur la base d'un bénéfice réciproque, a encore dit le porte-parole chinois.

Selon des diplomates européens, Pékin serait prêt à abonder le Fonds européen de stabilité financière (FESF), mais aucun responsable chinois n'a pour l'instant confirmé cette information.

A Bruxelles, les pays de la zone euro ont décidé de démultiplier la puissance de feu de leur Fonds de secours en la portant à 1.000 milliards d'euros. Ils ont opté pour un mécanisme permettant de mobiliser davantage de fonds, sans que les Etats ne dépensent plus: un effet de levier.

A ce dispositif serait ajouté un autre mécanisme, un fonds spécial adossé au FMI et accueillant les contributions de pays émergents comme la Chine. Mais aucun montant n'a été annoncé.

La Chine qui est assise sur un énorme matelas de réserves de change de 3.200 milliards de dollars, serait bien placée pour investir.

Le directeur du FESF, Klaus Regling, est d'ailleurs attendu à Pékin vendredi. Je ne peux pas vous dire qui il rencontrera, a simplement dit le porte-parole.

L'UE est le premier partenaire commercial de la Chine et le premier débouché pour ses exportations.

La Chine, qui détiendrait déjà plus de 500 milliards de dollars de dette souveraine européenne, selon des experts français et allemands, a plusieurs fois réitéré son soutien à la zone euro ces dernières semaines tout en engageant les Européens à faire le ménage chez eux en menant des réformes de fond.

(©AFP / 27 octobre 2011 10h54)