Dette: la Maison Blanche accueille favorablement un plan républicain


WASHINGTON - La Maison Blanche a favorablement accueilli mardi un plan républicain autorisant le gouvernement à dépasser le plafond légal de la dette pendant quatre mois, et affirmé que le président Barack Obama n'y opposerait pas son veto.

Les adversaires de M. Obama à la Chambre des représentants ont présenté lundi un texte de loi qui permettrait de passer outre cette contrainte légale jusqu'au 18 mai, un geste de nature à désamorcer une possible nouvelle crise avec l'administration démocrate alors que le plafond a été techniquement atteint fin décembre.

Tout en notant que l'aile droite du parti conservateur devait encore donner son feu vert à ce plan, le porte-parole de la présidence, Jay Carney, a assuré que si (ce projet de loi) arrive sur le bureau du président, il ne s'opposera pas à ce qu'il prenne force de loi.

Le président estime toutefois que le plafond de la dette devrait être suffisament relevé pour ne pas être à nouveau nécessaire quelques mois plus tard, a indiqué M. Carney.

L'accord des républicains les plus conservateurs, qui ont fait de la lutte contre la dette publique leur cheval de bataille, n'est pas encore acquis, et certains ont manifesté leur inquiétude mardi.

David Schweikert, représentant l'Arizona (sud-ouest) à la Chambre, a expliqué qu'il pensait voter non à ce plan, estimant que la question du relèvement du plafond de la dette devait être l'occasion de réclamer une loi d'orientation qui rééquilibrerait le budget dans les dix prochaines années.

Si j'étais convaincu que nous obtiendrons un équilibre dans les dix ans, et nous nous y tiendrons, je voterai en faveur de ce plan, a indiqué M. Schweikert à l'AFP. Mais il faut que tous les membres de la direction (du parti à la Chambre) me regardent dans les yeux et me jurent que c'est ce que nous sommes en train de faire.

La limite légale de la dette doit impérativement être relevée par le Congrès pour que le gouvernement américain puisse continuer à emprunter sur les marchés et éviter le défaut de paiement. Le Trésor a prévenu qu'il ne pourrait plus la contourner au-delà de mi-février à début mars.

La proposition républicaine prévoit de donner plus de temps pour forger un compromis sur le budget et le volume des réductions des dépenses publiques. Le 19 mai, le plafond actuel augmenterait automatiquement du montant nécessaire.

Le texte s'accompagne d'une clause surprenante: si le Sénat n'a pas voté de budget d'ici au 15 avril, les salaires des sénateurs ne seront plus versés. Ils ne les toucheraient qu'une fois adopté un budget pour l'exercice fiscal 2014, qui débute le 1er octobre.

Le Sénat n'a effectivement pas voté de budget depuis 2009, conséquence du blocage de l'institution, contrôlée à seulement quelques sièges près par les démocrates. L'Etat fédéral n'est financé que par des résolutions temporaires.

La bataille du déficit est loin d'avoir pris fin avec le vote du 1er janvier évitant la cure d'austérité brutale du mur budgétaire. Seule la question des impôts avait alors été résolue, les républicains ayant cédé sur une hausse des impôts pour les plus riches.

Washington doit encore s'accorder sur le niveau des dépenses publiques, et les républicains exigent des démocrates de fortes coupes dans les programmes de santé et de retraite, un domaine que Barack Obama a promis de défendre dans son discours d'investiture de lundi.

(©AFP / 22 janvier 2013 21h59)

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