Dette: le taux à 10 ans de l'Espagne inverse la tendance et repart en hausse


PARIS - Le taux à 10 ans de l'Espagne inversait la tendance sur le marché de la dette et se tendait à nouveau nettement lundi à la mi-journée, les investisseurs se montrant prudents avant de connaître les détails du plan d'aide européen aux banques espagnoles.

Vers 13H20 (11H20 GMT), le rendement espagnol se tendait à 6,340% (contre 6,192% vendredi à la clôture). Il s'était pourtant nettement détendu dans la matinée, au point de passer brièvement sous les 6%, dans la foulée de l'annonce du plan de sauvetage européen des banques espagnoles samedi.

Le prêt européen, via le fond de secours, pourra atteindre 100 milliards d'euros et sera injecté dans le fonds public espagnol d'aide au secteur bancaire (Frob), qui attribuera ensuite cet argent aux banques qui le demandent.

Le marché a ainsi salué un temps l'annonce d'un tel plan après plusieurs jours d'incertitude mais les investisseurs s'interrogeaient désormais sur les modalités du sauvetage.

Outre des aspects techniques de correction après une baisse des taux espagnols ces derniers temps, Frédérik Ducrozet, économiste chez Crédit Agricole CIB voit des raisons de plus long terme à cette tension du rendement.

Beaucoup de détails sur le plan d'aide restent inconnus et des détails qui comptent, notamment sur le montant et le taux, explique-t-il.

Des taux d'intérêt de 3% ou 4% seraient raisonnables pour les fonds prêtés à l'Espagne, a indiqué lundi un porte-parole de la Commission européenne.

M. Ducrozet insiste également sur une autre incertitude à savoir qui du FESF (fonds de secours européen actuel) ou du MES (qui doit prendre le relais du FESF d'ici peu) prêtera l'argent à l'Espagne.

Dans l'hypothétique scénario extrême d'une restructuration de la dette espagnole, en tant que créancier, le FESF serait en effet logé à la même enseigne que les autres prêteurs.

En revanche, les prêts du MES sont dits seniors c'est-à-dire que le fonds serait remboursé en priorité et au détriment des autres créanciers, un scénario qui peut entretenir les craintes du marché, vu que les investisseurs privés se verraient releguer derrière le MES.

(©AFP / 11 juin 2012 13h25)