Draghi (BCE): la faiblesse du crédit imputable aussi à une demande faible


FRANCFORT - Le président de la Banque centrale européenne (BCE) Mario Draghi a imputé la faible activité de crédit constatée en zone euro en partie à une demande contenue de la part des entreprises et ménages, suggérant que son institution ne pouvait pas à elle seule relancer l'économie.

La BCE a prêté au total environ 1.000 milliards d'euros aux banques de la zone euro lors de deux opérations à trois ans dites LTRO à des conditions avantageuses en décembre et en février. Mais plusieurs mois ont passé et nous voyons que les flux de crédit demeurent faibles, a été forcé de constater M. Draghi.

C'est la demande qui dicte le crédit, et si la demande est faible vous ne pouvez pas vous attendre à une forte hausse du crédit, a-t-il avancé comme explication, laissant entendre que la BCE à elle seule ne pouvait relancer le financement de l'économie réelle.

Les décisions des entrepreneurs sont des décisions dictées par l'état de leurs activités, a-t-il encore dit.

En outre, les opérations de LTRO ne se sont attaquées qu'à une des trois causes qui peuvent expliquer la réticence des banques à prêter, à savoir le manque de liquidités. La BCE ne peut rien faire contre les deux autres, l'aversion au risque et la faible capitalisation des établissements de crédit, a dit M. Draghi.

Mais il a estimé que son institution avait fait tout ce qui était en son pouvoir, notamment en assouplissant ses exigences de collatéraux, ces garanties que les banques doivent fournir à la BCE quand elles lui empruntent de l'argent. Les prêts consentis aux entreprises et ménages sont maintenant acceptés comme collatéraux, ce qui signifie que les banques ont tout intérêt à en accorder, a souligné M. Draghi.

Il a ajouté que la situation du crédit était contrastée selon les pays de la zone euro, et cité l'exemple de la France, où les flux de crédit se maintenaient à un niveau appréciable, tandis que dans d'autres, ils diminuent.

Le mécanisme de transmission (des mesures prises) est aussi lié à des facteurs nationaux, a-t-il ajouté.

L'Italien s'exprimait lors de la conférence de presse suivant l'annonce de la décision du conseil des gouverneurs d'abaisser le taux directeur de la BCE à 0,75%.

Certains analystes s'attendaient à ce que M. Draghi annonce jeudi des mesures supplémentaires de sortie de crise, par exemple un troisième LTRO. Il n'en a toutefois rien fait, et a affirmé que le conseil des gouverneurs, qui s'est réuni à la mi-journée, n'avait même pas discuté de mesures de ce type.

(©AFP / 05 juillet 2012 15h56)

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