Election de Hollande: La Chine prête à travailler avec la France


PEKIN - La Chine est prête à travailler avec la France, a déclaré un porte-parole de la diplomatie chinoise lundi, au lendemain de l'élection du socialiste François Hollande à la présidence française.

Mais lundi matin, la presse chinoise, qui avait bouclé avant l'annonce officielle de la victoire de M. Hollande, évoquait les incertitudes à venir s'il était élu, notamment sur le front de la crise de la dette et de la question très sensible des droits de l'Homme.

La Chine est prête à travailler avec la partie française et à traiter les questions bilatérales dans une perspective stratégique et de long terme, a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Hong Lei lors d'un point de presse.

La poursuite du développement sain et régulier des relations sino-françaises ne sert pas seulement les intérêts des deux pays et des deux peuples, mais aussi la paix mondiale, la stabilité et le développement, a poursuivi le porte-parole, usant d'une formule très classique de la diplomatie chinoise.

François Hollande avait indiqué récemment qu'il réserverait à la Chine -- pays où il ne s'est jamais rendu -- l'un de ses premiers déplacements à l'étranger s'il était élu président.

Les relations entre la France et la Chine, deuxième puissance économique mondiale, ne changeront pas fondamentalement avec M. Hollande mais pourraient traverser une période d'incertitude, ont estimé lundi un journal chinois et des experts interrogés par l'AFP.

L'élection française ne va probablement pas apporter de changement, selon le titre d'un éditorial du Global Times.

Sur le terrain économique, le quotidien officiel nationaliste a estimé qu'un changement de gouvernement n'est pas en mesure d'impulser la forte volonté nécessaire pour entamer une réforme de la dette publique en France, alors que la Chine est très préoccupée par l'impact sur son économie de la crise de la dette en Europe.

Le changement doit venir d'une réflexion plus large. Mais les protestations contre les mesures d'austérité de la Grèce à la France suggèrent que l'indispensable réflexion est loin d'être arrivée, selon le quotidien pour lequel le système démocratique crée de plus en plus de problèmes dans les pays occidentaux.

Avec François Hollande, il ne devrait pas y avoir de changement important dans les relations franco-chinoises, a aussi déclaré lundi à l'AFP Zhu Feng, professeur de relations internationales à l'Université de Pékin.

Mais le nouveau président français, en tant que dirigeant de gauche, pourrait soulever plus de questions sensibles auprès des dirigeants chinois, comme les droits de l'Homme, qui vont mettre à l'épreuve les relations franco-chinoises, estimait Chen Zhimin, professeur de l'Université Fudan à Shanghai, cité par le Global Times.

(©AFP / 07 mai 2012 09h59)

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