Elus, écologistes et acteurs s'unissent contre la prospection de pétrole aux Canaries


MADRID (ESP) - Associations écologistes, élus régionaux, partis politiques, acteurs et simples citoyens ont lancé en Espagne une plateforme contre un projet de prospection de pétrole au large de l'archipel des Canaries, une opération autorisée par Madrid et qui sera réalisée par la compagnie Repsol.

Réunis à Madrid, les opposants au projet ont présenté lundi un manifeste intitulé Pour un archipel des Canaries sans pétrole, signé par plus de 40 organisations, dont les associations écologistes Greenpeace et WWF, des élus régionaux et plusieurs partis politiques comme le parti socialiste, principale force d'opposition en Espagne.

Les sondages représentent une menace sérieuse pour les richesses naturelles de l'archipel, pour son économie, pour sa capacité à s'approvisionner en eau potable, pour son tourisme et donc pour ses habitants, actuels et futurs, dit le manifeste, lu à Madrid par la comédienne Pilar Bardem, mère de l'acteur oscarisé Javier Bardem.

Lancée sur internet sur le site Savecanarias.org, une pétition contre ce projet avait recueilli mardi plus de 33.000 signatures.

Le président de la région des Canaries, Paulino Rivero, qui appartient à la Coalition des Canaries, un parti nationaliste revendiquant une plus grande autonomie pour ces îles, était présent lors de la présentation du manifeste.

Dès l'annonce du projet, son gouvernement s'était dit prêt à prendre toutes les mesures légales possibles pour empêcher qu'il se réalise, craignant qu'il ne nuise à l'activité touristique de la région.

En 2012, l'archipel des Canaries est arrivé au troisième rang des régions les plus touristiques d'Espagne, avec 10 millions de touristes. Mais l'archipel est frappé par un taux de chômage très élevé, de 35%. Un argument brandi par le gouvernement espagnol pour justifier la campagne de prospection, qui permettrait selon le ministre de l'Industrie José Manuel Soria, d'introduire une nouvelle activité économique.

Du côté de Repsol, on insiste sur le fait qu'il s'agit d'un projet de prospection et non pas d'extraction de brut ou de gaz, expliquait mardi à l'AFP un porte-parole, Marcos Fraga.

Quel pays voudrait renoncer à connaître l'ampleur de ses ressources naturelles?, a-t-il ajouté, soulignant que l'Espagne importe plus de 99% du pétrole qu'elle consomme, soit l'équivalent de 4% du produit intérieur brut.

elc/sg/eb

REPSOL-YPF

WOODSIDE PETROLEUM

RWE

BP

(©AFP / 03 décembre 2013 14h14)