Energie: 730 à 1.000 milliards EUR nécessaires d'ici 2025 en Europe


PARIS - Entre 730 milliards et 1.000 milliards d'euros d'investissements sont nécessaires dans l'énergie en Europe d'ici 2025, selon une étude du cabinet KPMG publiée mardi, qui mise sur le développement de l'éolien, du solaire, du charbon et du gaz mais prévoit des vaches maigres pour le nucléaire.

Selon KPMG, l'éolien drainera le plus d'investissements avec un montant de 237,6 milliards d'euros, suivi de près par le charbon (235,3 milliards), le solaire (180 milliards) et le gaz (142,6 milliards), dans les 15 ans qui viennent.

Le nucléaire fera lui grise mine, selon le cabinet américain: à peine 16,1 milliards d'investissements dans son estimation la plus élevée.

L'essentiel des investissements dans le charbon viendront d'Europe de l'Est, tandis que le gros de l'éolien et du solaire se feront en Europe de l'Ouest, a expliqué à l'AFP Wilfrid Lauriano do Rego, responsable du secteur énergie de KPMG en France.

Quant au nucléaire, le chiffre reflète le faible nombre de projets dans les 15 ans à venir en Europe, sans forcément remettre en cause la poursuite des programmes existants hors Allemagne, a-t-il souligné.

En puissance, quelque 600 gigawatts (GW), soit l'équivalent de 400 réacteurs nucléaires EPR, doivent être installés sur le Vieux Continent dans les 15 ans à venir: quelque 178 GW dans le gaz, 170 GW dans l'éolien, 147 GW dans le charbon et 36 GW dans le solaire, selon les prévisions de KPMG.

Deux sources d'énergie feront elles du surplace: le pétrole, avec à peine 2 GW installés au cours de la période, et le nucléaire, avec 5 GW, voire zéro dans le scénario bas du cabinet.

Ces investissements sont nécessaires pour faire face à la croissance de la demande (+23% d'ici 2025, soit +1,4% par an), remplacer les infrastructures existantes et réduire les émissions de CO2, écrit KPMG, qui rappelle que l'Agence Internationale de l'Energie (AIE) estime à 1.900 milliards les investissements nécessaires d'ici 2035.

Du côté des financements, KPMG relève que selon son étude les établissements financiers restent confiants et acceptent de financer les projets du secteur, à condition qu'ils soient structurés pour minimiser les risques et qu'ils bénéficient de l'engagement des gouvernements pour un cadre réglementaire stable et cohérent.

Les banques interrogées ont tendance à s'engager en priorité sur les projets qui s'appuient sur les contrats d'achat d'énergie à long terme, avance le cabinet.

En termes d'investissements initiaux, le solaire ressort comme l'énergie la plus coûteuse (5.000 euros par kilowattheure) devant le nucléaire (3.500 euros), l'hydroélectricité (2.500), le charbon (1.600), l'éolien (1.400) et le gaz et le pétrole (800 euros), selon KPMG.

(©AFP / 27 septembre 2011 16h42)