Espagne: l'ex-président de Valence innocenté dans un procès pour corruption


MADRID - L'ex-président de la région de Valence, Francisco Camps, un proche du chef du gouvernement conservateur espagnol Mariano Rajoy, a été déclaré mercredi non coupable dans un procès pour corruption, faute de preuves.

Ce verdict met un point final à un procès retentissant, emblématique des soupçons de corruption qui pèsent sur de nombreux élus locaux en Espagne et des dérives qui ont accompagné le développement immobilier du pays.

Francisco Camps, qui avait été contraint de démissionner en juillet, était soupçonné de s'être fait offrir entre 2005 et 2008 des costumes pour un montant de 14.000 euros par une entreprise ayant bénéficié de marchés publics dans sa région.

Son procès s'était ouvert au mois de décembre. Il s'agissait de l'un des volets de l'affaire Gürtel, un vaste scandale touchant au financement de la droite régionale.

Le jury populaire du Tribunal de Valence, après deux jours de délibéré, a déclaré Francisco Camps non coupable par cinq voix contre quatre.

Selon le jury, il n'a pas pu être démontré que des cadeaux ont été offerts à l'ex-président de région ni à Ricardo Costa, l'ex-secrétaire général du Parti populaire (droite) de Valence, co-accusé dans ce procès.

Il n'y a pas de preuve que Francisco Camps n'a pas payé les vêtements, a estimé le tribunal.

Francisco Camps, qui avait été réélu président de la région aux élections locales du 22 mai dernier en dépit de son inculpation, était l'une des cibles favorites du mouvement des indignés, qui au printemps avait dénoncé notamment la corruption du monde politique.

La région de Valence, sur la côte méditerranéenne de l'Espagne, paradis des investisseurs et de l'urbanisme sauvage pendant les années de la bulle immobilière, est aujourd'hui la région la plus endettée, proportionnellement, du pays, avec une dette de 20,5 milliards d'euros, soit 19,9% de son PIB, et connaît d'énormes problèmes de liquidités.

L'enquête sur le réseau Gürtel avait été ouverte par le juge Baltasar Garzon, le plus célèbre magistrat espagnol aujourd'hui jugé pour avoir voulu enquêter sur les disparus du franquisme.

Cette enquête avait ébranlé en 2009 le Parti populaire, aujourd'hui au pouvoir, et avait mis au jour un vaste réseau de corruption dirigé par un chef d'entreprises de communication proche du PP, Francisco Correa.

Ce dernier organisait des meetings du PP et servait, selon l'enquête, d'entremetteur entre des entreprises immobilières et des élus de droite pour l'attribution de marchés publics, moyennant commissions et cadeaux en tous genres: voyage de noces en Polynésie, voitures de luxe, montres, I-Phones.

Plusieurs responsables de la droite régionale avaient été soupçonnés d'avoir reçu des cadeaux, dont des costumes, de la part d'Orange Market, l'une des entreprises de ce réseau.

(©AFP / 25 janvier 2012 21h13)