Espagne/banques: Madrid devrait faire une demande d'aide jeudi à l'Eurogroupe


BRUXELLES - L'Espagne devrait demander officiellement l'aide de la zone euro pour son secteur bancaire jeudi lors d'une réunion de l'Eurogroupe, a indiqué mercredi un diplomate européen sous couvert d'anonymat.

Madrid devrait faire une demande d'aide via le Fonds de secours de la zone euro (FESF) lors de la réunion de l'Eurogroupe qui se tient jeudi à Luxembourg, a fait savoir ce diplomate.

Cette demande interviendrait après la publication d'un premier audit sur les banques espagnoles par les cabinets allemand Roland Berger et américain Oliver Wyman, qui est attendu d'ici jeudi.

Madrid en a besoin pour chiffrer exactement ses besoins pour le plan de sauvetage européen destiné à ses banques, qui prévoit une aide pouvant atteindre 100 milliards d'euros.

L'absence de détails (sur le plan d'aide espagnol) a été nuisible, a estimé ce diplomate. Le mouvement de défiance envers l'Espagne sur les marchés a été alimenté par les incertitudes entourant le sauvetage des banques espagnoles, notamment sur la somme dont Madrid a besoin.

Autre sujet qui inquiète les marchés: le choix du fonds de secours pour venir en aide au secteur bancaire espagnol.

Il y a une préférence marquée pour avoir recours au Mécanisme européen de stabilité (MES) au sein de nombreux pays de la zone euro, mais tout dépend de l'entrée en vigueur de ce fonds de secours, a indiqué un haut responsable européen sous couvert d'anonymat. En cours de ratification, le MES devrait entrer en vigueur le 9 juillet.

Seul le Fonds de secours de la zone euro (FESF) est donc utilisable dans l'immédiat. Cette option est celle que préfèrent les marchés car dans le scénario extrême d'une restructuration de la dette espagnole, en tant que créancier, le FESF serait logé à la même enseigne que les autres prêteurs.

En revanche, les prêts du MES sont dits seniors c'est-à-dire que le fonds serait remboursé en priorité par rapport aux autres créanciers, un scénario qui peut entretenir les doutes des marchés, lesquels craignent que les investisseurs privés ne soient lésés.

(©AFP / 20 juin 2012 11h15)