Essais nucléaires : vers une levée du secret-défense sur les essais en Polynésie


PARIS - La commission consultative du secret de la Défense nationale a rendu un avis favorable à la déclassification de 58 documents recensant les mesures de radiologie des tirs nucléaires, révèle Le Parisien/Aujourd'hui en France samedi.

L'association des vétérans des essais nucléaires français (AVEN) et l'association Morurua e Tatou réclamaient cette déclassification depuis des années.

C'est une très bonne nouvelle car, une fois étudiées, ces données devraient permettre de mieux déterminer quelles ont été les conséquences des essais en Polynésie, se félicite Me Jean-Paul Teissonnière, avocat en France des victimes des essais nucléaires, dans une déclaration au quotidien.

Malgré une décision du tribunal administratif de 2010, qui enjoignait le gouvernement de l'époque de saisir cette commission, il s'y était toujours refusé. En octobre, Jean-Yves Le Drian, le nouveau ministre de la Défense, a finalement accepté de saisir la commission, avec le résultat que l'on sait, explique l'avocat.

En 2004, le pôle santé publique du tribunal de Paris a ouvert une enquête pour homicide involontaire, atteinte à l'intégrité physique et administration de substance nuisible, à la suite d'une plainte de l'Aven, rappelle le journal.

Une fois que nous aurons reçu les documents, nous les transmettrons à la juge d'instruction en charge de l'enquête, a précisé Me Teissonnière.

Quelque 150.000 personnes civiles et militaires ont participé de près ou de loin aux 210 essais français conduits au Sahara algérien et en Polynésie entre 1960 et 1996.

Depuis la fin des tirs en 1996, de nombreux vétérans atteints de cancer ou des proches de vétérans décédés accusent les essais d'avoir provoqué ces maladies.

(©AFP / 19 janvier 2013 05h23)