Etat palestinien: l'UE veut toujours croire à une solution constructive


BRUXELLES - Prenant note de la volonté palestinienne d'adhérer à l'ONU, l'UE voulait toujours croire samedi à une solution constructive susceptible de conduire rapidement à une reprise des pourparlers de paix, à la veille d'une réunion à New York de représentants du Quartette.

Nous continuons à croire qu'une solution constructive susceptible de rassembler le plus grand soutien possible et de permettre une reprise des négociations est le meilleur et le seul moyen de parvenir à la paix et à la solution à deux Etats que le peuple palestinien souhaite, a indiqué la porte-parole de Catherine Ashton, Maja Kocijancic.

En annonçant vendredi qu'il allait demander l'adhésion à part entière de la Palestine devant le conseil de Sécurité de l'ONU, le président palestinien Mahmoud Abbas a adressé une fin de non-recevoir aux conseils des émissaires américains, de l'Union européenne et du Quartette sur le Proche-Orient (Etats-Unis, Russie, UE, ONU) qui se sont succédé pour le dissuader d'emprunter cette voie.

Catherine Ashton notamment a passé plusieurs jours au Caire et en Israël, où elle a multiplié les rencontres avec les représentants de la Ligue arabe, avec Mahmoud Abbas et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

Malgré l'intransigeance affichée par Mahmoud Abbas, nous avons besoin de voir les détails et le calendrier de la demande. Les prochains jours seront cruciaux, a estimé samedi Maja Kocijancic.

C'est pourquoi nous allons redoubler nos efforts, ensemble avec nos partenaires au sein du Quartette, pour lancer des négociations entre les parties aussi vite que possible. Cela reste le seul moyen de mettre fin au conflit, a-t-elle précisé.

Une réunion des émissaires du Quartette est prévue dimanche à New York. En juillet, Russes et Européens n'étaient pas parvenus à s'entendre avec les Américains sur une déclaration du Quartette susceptible de donner un nouvel élan au processus de paix. Mais les discussions se poursuivent toujours actuellement en vue d'obtenir un texte et un engagement clair à reprendre les négociations très rapidement, souligne un diplomate européen.

L'option d'une demande d'adhésion soumise au Conseil de sécurité est catégoriquement combattue par les Etats-Unis qui risquent d'y opposer leur veto. Israël a rejeté sans surprise cette annonce, le bureau de Benjamin Netanyahu déclarant dans un bref communiqué que la paix ne s'obtiendra pas par une démarche unilatérale à l'ONU.

L'UE, quant à elle, a toujours vivement soutenu les aspirations palestiniennes à un Etat, a rappelé Maja Kocijancic, soulignant que l'aide au développement fournie par les Européens avait pour objectif de construire les institutions et l'infrastructure du futur Etat palestinien.

Cette position cache néanmoins de profondes divergences entre les Européens. L'Italie, la République tchèque, les Pays-Bas et la Pologne sont hostiles à une demande d'adhésion palestinienne, selon des sources diplomatiques à Bruxelles. L'Allemagne pourrait aussi s'y opposer. La plupart des autres pays européens tendent à y êtres favorables, mais beaucoup redoutent que l'UE se déchire en public sur la question.

Vendredi soir, un porte-parole du Quai d'Orsay a réitéré que la France prendrait ses responsabilités sur la question de la reconnaissance de l'Etat de Palestine.

Mais il avait aussi ajouté que la position française serait guidée par la triple préoccupation de préserver la perspective d'une relance du processus de négociations, d'éviter une confrontation diplomatique et de maintenir une unité européenne.

(©AFP / 17 septembre 2011 12h32)