Explosion de Marcoule: débuts des constatations sur le four


NIMES - Les constatations sur le four de l'installation Centraco à Codolet (Gard), près du site nucléaire de Marcoule, qui a explosé lundi entraînant la mort d'un ouvrier et en blessant quatre autres, ont commencé, a indiqué mercredi le procureur de la République de Nîmes Robert Gelli.

Jusqu'à présent, les enquêteurs n'avaient pas accès au local où se trouve le four, en raison de la température. Seuls les pompiers y étaient entrés lundi pour sortir un ouvrier grièvement brûlé.

Le corps de l'ouvrier décédé a lui été examiné mercredi par les médecins légistes avant d'être évacué du local. Il devait faire l'objet de nouveaux examens, mais pas forcément d'une autopsie, a encore indiqué M. Gelli.

Trois enquêtes sont en cours sur cet accident industriel en milieu nucléaire: une judiciaire, une de l'inspection du travail et une de l'Autorité de la sûreté nucléaire (ASN) qui a débuté, une inspection qui pourrait se dérouler sur plusieurs jours.

Aucune hypothèse n'est écartée dans cette affaire mais, selon les auditions des témoins, la déflagration a suivi de quelques secondes une intervention humaine sur le four. Ce dernier avait été remis le matin même en fonctionnement après plusieurs pannes la semaine passée.

Pour une raison qui reste à déterminer, la fusion du métal ne s'est pas faite, ce qui aurait conduit un fondeur à intervenir à l'aide d'une barre à mine sur le métal chauffé. C'est après cette intervention que l'explosion comme un geyser de métal en fusion s'est produite.

Le procureur de Nîmes a annoncé mardi qu'il allait ouvrir une information judiciaire contre X pour homicide et blessures involontaires, mais mercredi il a indiqué ne l'avoir pas encore fait.

L'explosion de ce four n'a entraîné aucune pollution radiologique, d'après l'analyse d'échantillons d'herbe prélevés près du site, selon l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN).

(©AFP / 14 septembre 2011 18h01)