Fabius (PS): développer la relation franco-japonaise négligée par Sarkozy


TOKYO - L'ancien Premier ministre français Laurent Fabius a déclaré jeudi que le candidat socialiste à la présidentielle, François Hollande, voulait développer les relations franco-japonaises qu'il a jugées négligées par le président Nicolas Sarkozy.

Si François Hollande est élu, nous voulons donner un développement nouveau et majeur aux relations franco-japonaises, a expliqué M. Fabius à des journalistes à Tokyo.

Représentant M. Hollande, M. Fabius a effectué une visite de deux jours à Tokyo où il a rencontré de hauts membres du gouvernement japonais, dont le Premier ministre, Yoshihiko Noda.

De toute évidence, M. Sarkozy n'avait pas pour le Japon le même intérêt que son prédécesseur, M. Chirac, et ceci ne me semble pas lié seulement à une différence d'intérêt pour le sumo !, a ironisé l'ancien Premier ministre.

Je crois que pour bien apprécier le Japon, il faut être attaché à une certaine culture, il faut s'intéresser à la culture de façon générale, prendre du temps, écouter ses interlocuteurs, rester un certain temps, revenir plusieurs fois, or ce n'est peut être pas exactement la caractéristique qui a été suivie, a poursuivi M. Fabius.

D'après lui, les relations entre les deux pays sont bonnes, entraînées par des coopérations économiques et culturelles.

Mais il a regretté que les pouvoirs publics n'aient pas, sous la présidence de M. Sarkozy depuis 2007, donné la force d'impulsion nécessaire pour qu'elles deviennent exceptionnelles.

Il a déploré que le Japon ne soit pas toujours traité à sa juste valeur en France, rappelant que l'archipel était la troisième puissance économique mondiale et un moteur technologique.

Pendant son quinquennat, M. Sarkozy s'est rendu une fois au Japon dans un cadre bilatéral, faisant étape quelques heures à Tokyo trois semaines après le tsunami du 11 mars 2011 et le début de l'accident nucléaire de Fukushima, afin d'apporter le soutien de la France et des pays du G20.

Evoquant l'avenir de l'énergie nucléaire après Fukushima, M. Fabius a souligné que les deux pays avaient intérêt à coopérer, notant que le Japon allait probablement réduire la part du nucléaire dans son bouquet énergétique, tout comme le Parti Socialiste propose de le faire en France.

L'électricité d'origine nucléaire représentait 25 à 30% au Japon avant l'accident. Cette part devrait baisser, bien que dans des proportions encore à définir, dans un nouveau plan énergie actuellement en discussion.

M. Fabius, qui avait écourté mardi une visite en Chine où il n'a été reçu par aucun haut dirigeant, a souligné qu'en terme diplomatique, l'important était d'avoir une stabilité de point de vue.

Mais avec la Chine, on est passé par toutes les couleurs de l'arc en ciel sous la présidence de M. Sarkozy, a-t-il estimé, précisant: Au moment des jeux olympiques, on en était quasiment à déclarer la guerre à la Chine (..) et après, c'était de grandes tapes dans le dos.

L'ancien Premier ministre, qui s'est récemment rendu au Proche-Orient pour représenter le candidat Hollande, a raconté avoir entendu beaucoup de reproches sur la politique du +Un jour on est ami, un jour non+ qu'aurait pratiquée la diplomatie française ces dernières années d'après lui.

Or c'est pas exactement la même chose d'être président de la République et d'être avocat d'affaires, a-t-il lancé en référence à la formation d'avocat de M. Sarkozy.

Vous êtes avocat d'affaires, vous avez un client, vous plaidez pour lui. Puis la société adverse vous prend comme avocat et vous plaidez dans l'autre sens. En matière diplomatique (...) l'histoire ça existe, la géographie ça existe, a-t-il souligné, se disant contre une politique gesticulatoire.

(©AFP / 23 février 2012 13h31)

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