France: Le pacte électrique breton remis en question par une étude


BREST (France) - Le Pacte électrique breton, lancé en 2010 par l'Etat et la Bretagne et qui vise à sécuriser l'approvisionnement de la région en électricité, est remis en question par une étude mandatée par des opposants à la construction d'une centrale électrique au gaz à Landivisiau (Finistère), dévoilée vendredi aux élus et à la population.

Les chiffres du Pacte électrique breton datent de 2008/2009, depuis il y a quand même quatre années qui se sont passées, a expliqué à l'AFP Alain Le Suavet, du collectif Gaspare, qui regroupe des riverains, des associations environnementales et des partis politiques (EELV, NPA, Fase...) opposés à la centrale prévue à l'horizon 2016, alors que la Bretagne ne produit que 8% de l'électricité qu'elle consomme.

Le scénario Gaspare se base sur des chiffres institutionnels de 2012, a-t-il précisé. On s'aperçoit qu'avec ces chiffres, à l'horizon 2020, la centrale ne servira strictement à rien.

La sécurité du système électrique breton est assurée jusqu'en 2020, peut-on ainsi lire dans la synthèse de l'étude réalisée par le bureau Horizons et dévoilée vendredi dans la soirée.

Le Pacte énergétique breton table sur un taux de croissance annuel moyen de la consommation d'énergie en Bretagne de 1,6%, alors que selon des chiffres de 2012 de RTE il ne serait plus que de 0,4% entre 2010 et 2015 et de 0,6% entre 2015 et 2020, explique le document.

Celui-ci fait aussi état d'une prévision initiale de production d'énergie hydrolienne à l'horizon 2020 de 10 MGW, contre 200 MGW, selon les dernières données de la filiale d'EDF qui gère le réseau national de lignes à haute tension.

L'étude propose par ailleurs des pistes de réflexion sur la question de l'avenir électrique de la région après 2020 lorsque le parc nucléaire français sera réduit selon les objectifs du gouvernement.

Elle préconise une réduction de la consommation du parc de chauffages électriques, le développement des énergies renouvelables et l'interconnexion de la Bretagne avec l'Irlande et l'Angleterre afin d'assurer la sécurité d'alimentation.

Le scénario Gaspare apporte les preuves qu'on peut s'en sortir sans énergie fossile, a assuré M. Le Suavet.

Le consortium formé par le groupe d'électricité Direct Energie avec le groupe allemand Siemens a été retenu fin février 2012 par le ministre de l'Industrie Eric Besson pour la construction de cette centrale à cycle combiné au gaz de quelque 400 MGW.

EDF

SIEMENS

(©AFP / 18 janvier 2013 20h14)

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