France: une amende requise contre une association proche de l'Opus Dei


PARIS - Le parquet du tribunal correctionnel de Paris a requis vendredi 30.000 euros d'amende à l'encontre d'une association proche de la puissante organisation catholique de l'Opus Dei, poursuivie pour travail dissimulé et rétribution contraire à la dignité.

Le jugement sera rendu le 24 novembre prochain.

Les deux infractions sont effectivement constituées, a estimé le procureur, Flavie Le Sueur, réclamant 30.000 euros d'amende contre l'Association de culture universitaire et technique (Acut). Le droit du travail a été totalement ignoré, a-t-elle ajouté.

Elle a aussi requis 6.000 euros d'amende, dont 3.000 avec sursis, contre Claire Bardon de Segonzac, directrice de l'école hôtelière de Dosnon, et Agnès Duhail, secrétaire au Centre international de rencontres du château de Couvrelles, dans l'Aisne (nord de la France).

Ces deux établissements, dépendant de l'Acut, sont au centre de ce dossier où est en cause le statut de numéraire auxiliaire, qui n'existe qu'à l'Opus Dei et qui concerne des femmes, laïques, chargées des tâches domestiques.

A l'origine de la procédure, l'une de ces femmes, Catherine Tissier, orientée à l'âge de 14 ans vers l'école de Dosnon.

Cette femme a assuré gratuitement l'intendance des centres de l'Acut dans lesquels elle a travaillé, a rappelé le procureur, dénonçant un travail harassant, sept jours sur sept, dix heures par jour.

Quant à la paie, elle était versée sur son compte bancaire, mais ses chéquiers étaient à la disposition de ses employeurs, a-t-elle poursuivi, ajoutant que des sommes importantes avaient ainsi été versées à une imprimerie, sans l'accord de Catherine Tissier.

Le procureur a également évoqué les testaments dans lesquels les numéraires auxiliaires léguaient, par avance, tout leur argent à l'Opus Dei.

La magistrate n'a visiblement pas été convaincue par les explications de bénévolat avancées par Claire Bardon de Segonzac et Agnès Duhail.

Pour le parquet, l'Ecole Dosnon et le château de Couvrelles n'avaient pas suffisamment de personnel, et en conséquence, le bénévolat était utilisé de la part des professeurs pour pallier les heures qui ne sont pas déclarées.

En recourant aux élèves et aux stagiaires pendant les week-ends et les vacances, l'Acut les a transformées en de véritables salariés, a estimé le procureur.

Selon elle, le droit du travail a été totalement ignoré, avec un système de persuasion qui faisait adhérer les élèves au bénévolat. Le préjudice est évident pour les victimes, a estimé le procureur qui a toutefois souligné ne pas vouloir faire ici procès de l'Opus Dei.

(©AFP / 23 septembre 2011 19h05)