Gaz de schiste: Lepage s'inquiète des atermoiements du gouvernement


PARIS - Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault reste sur la ligne du précédent gouvernement en laissant la porte ouverte aux industriels à propos des gaz de schiste, a regretté jeudi Corinne Lepage, présidente du parti Cap 21.

Mercredi matin, M. Ayrault avait indiqué que le débat autour des gaz de schiste n'était pas tranché, évoquant la possibilité d'un recours à d'éventuelles technologies alternatives qui permettraient d'extraire le gaz de schiste du sous-sol sans dégrader l'environnement.

La question doit être évoquée lors de la conférence environementale, les 14 et 15 septembre.

L'ancienne ministre de l'Environnement de Jacques Chirac Corinne Lepage rappelle dans un communiqué que de nombreux permis d'exploration restent à ce jour en vigueur tandis qu'un certain nombre de demandes poursuivent normalement leur instruction auprès des services de l'Etat.

Les compagnies pétrolières et gazières cherchent aujourd'hui à gagner du temps en misant sur un assouplissement à court ou moyen terme de la position des autorités françaises, estime-t-elle.

Elle rappelle que le texte d'accord PS-EELV indiquait que l'exploration et l'exploitation d'hydrocarbures non conventionnels (gaz et huiles de schiste) seraient interdits et les permis en cours abrogés.

Mme Lepage a eu cette semaine sur le sujet un échange vif avec l'amicale des foreurs et des métiers du pétrole.

Dans une lettre à la ministre de l'Ecologie Delphine Batho, les foreurs démentaient la possibilité de dégâts considérables sur l'environnement évoqués par la ministre dans une interview fin juillet. Ces déclarations ne sont pas le reflet de la réalité, et nous doutons fort qu'elles vous aient été suggérées par les experts très compétents de votre ministère, écrivaient les foreurs.

Tissu de contre-vérités, a commenté Mme Lepage dans une lettre ouverte, citant un rapport de la Commission de l'environnement du Parlement européen et estimant qu'il fallait exiger une analyse complète coût-avantage avant toute décision.

Les foreurs ont aussitôt rétorqué en pointant des clichés simplistes, une argumentation déformée, tronquée ou dissimulée cherchant à nourrir les peurs.

(©AFP / 23 août 2012 18h25)