Gaz de schiste et santé: l'AFMP (foreurs) dénonce des contre-vérités


PARIS - Nouvel épisode dans la bataille autour du gaz de schiste: une association de professionnels de l'industrie pétrolière, l'AFMP, a accusé l'Association santé environnement France (Asef) de propager des contre-vérités pour avoir affirmé que leur extraction était dangereuse pour la santé.

Mardi, l'Asef a dénoncé dans un communiqué les risques que fait courir selon elle l'exploitation des gaz de schiste à l'environnement mais aussi à la santé, du fait de la présence dans les puits d'extraction d'agents hautement cancérigènes.

Dans un courrier au ton très remonté adressé à cette association de médecins, et dont l'AFP a reçu une copie, le géologue-conseil Gérard Medaisko, membre de l'Amicale des foreurs et des métiers du pétrole (AFMP), connue pour ses positions pro-gaz de schiste, s'est insurgé contre ces déclarations, estimant qu'il s'agissait d'un panier de contre vérités.

L'Asef s'était appuyée sur une étude de l'Agence américaine de protection de l'environnement (EPA) portant sur l'eau au domicile de personnes habitant à proximité de puits de forage en Pennsylvanie (rendus célèbres par le documentaire Gasland), et qui montrait que sur 17 puits, 11 étaient contaminés par des agents hautement cancérigènes: arsenic, cuivre, métaux lourds, 2-butoxyéthanol....

Or, selon l'AFMP, l'EPA n'a en fait constaté aucune pollution due au gaz de schiste dans les 17 puits analysés et conclu que les niveaux élevés de produits polluants (arsenic, baryum, manganèse, etc) qu'elle a observés dans 11 de ces puits sont sans rapport avec la campagne de forages pétroliers effectuée dans le voisinage par la société.

L'EPA a donc suspendu sa mission et recommandé aux propriétaires des puits à eaux pollués de s'équiper en filtres adéquats pour purifier cette eau, souligne le courrier envoyé à l'Asef.

Cet épisode illustre une nouvelle fois la bataille passionnée qui continue à se jouer en France autour des gaz de schiste, un an après l'interdiction de fait de leur extraction.

Après une forte mobilisation d'opposants, la France était devenue en juillet 2011 le premier pays à bannir l'usage de la technique controversée de la fracturation hydraulique, susceptible d'entraîner des pollutions du sous-sol, bloquant ainsi de fait l'exploitation de ces gaz prisonniers des roches souterraines.

Mais depuis, les industriels du pétrole et du gaz continuent à plaider pour leur exploitation, en mettant en avant les retombées économiques et en relativisant les risques pour l'environnement.

(©AFP / 31 août 2012 18h24)

News les plus lues