Gaz de schiste: la France interdit la technique de fracturation hydraulique


PARIS - Le parlement français a interdit jeudi soir l'utilisation de la technique de la fracturation hydraulique pour l'exploration et l'exploitation des gaz et huile de schiste, sous la pression d'une forte mobilisation des populations concernées.

La France devient ainsi le premier pays au monde à interdire l'usage de cette technique jugée hautement polluante.

Le président français Nicolas Sarkozy a assuré début juin au Premier ministre polonais Donald Tusk qu'il ne voulait pas créer de difficultés à la Pologne qui souhaite exploiter ses gigantesques réserves en gaz de schiste évaluées par les spécialistes à 5.300 milliards de m3.

C'est une fronde des élus locaux et écologistes ulcérés par l'octroi en catimini de permis d'exploration de ces hydrocarbures non conventionnels en mars 2010 dans le sud-est de la France ou dans la région parisienne qui a alerté les pouvoirs publics.

La proposition de loi du chef de file des députés de la majorité présidentielle (UMP, droite), visant à interdire l'exploration et l'exploitation des mines d'hydrocarbures par fracturation hydraulique, déposée en urgence (une lecture par assemblée), prévoyait à l'origine l'interdiction de l'exploration de ces pétroles.

Le texte a été amendé en première lecture à l'Assemblée, au grand dam des députés socialistes qui avaient approuvé le texte d'origine, ne proposant plus que d'interdire la technique de la facturation hydraulique jugée hautement polluante.

Les titulaires des permis auront deux mois pour déclarer la technique utilisée et c'est seulement s'ils recourent à la fracturation hydraulique, ou s'ils ne répondent pas, que les permis seront abrogés.

La majorité et le gouvernement ne souhaitent pas fermer définitivement la porte à ces hydrocarbures, richesse potentielle du sous-sol français.

L'opposition de gauche, au contraire, souhaite l'interdiction pure et simple de leur exploration et exploitation au nom de la préservation environnementale. Elle demande l'annulation de tous les permis et une remise à plat du code minier.

(©AFP / 30 juin 2011 21h25)

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