Grèce : fin d'une prise d'otage dans une usine


SALONIQUE (Grèce) - Un Grec récemment licencié qui retenait en otage deux ex-collègues, et a blessé son ex-patron et un employé, à Komotini (nord-est de la Grèce), s'est rendu à la police dans la nuit de jeudi à vendredi, a indiqué une source policière locale.

Les deux otages, retenus sous la menace d'une carabine de chasse pendant près de 12 heures, et âgés de 64 ans et 51 ans, sont sains et saufs, a précisé la même source.

Le preneur d'otage, âgé de 52 ans et licencié en août 2011, réclamait d'être réembauché et que lui soient versés 31.000 euros, une somme représentant selon lui des arriérés lui étant dus par la société, selon la même source.

La police, qui a négocié avec lui pendant des heures, lui a fait remettre des médicaments qu'il demandait également, peu avant qu'il ne se rende, a ajouté la même source.

Selon un communiqué de l'entreprise, Helesi (gestion de déchets), l'homme avait fait irruption jeudi vers 13H00 locales (11H00 GMT) dans le bureau du PDG.

Il a tiré sur ce dernier, le blessant au cou, à la main et au flanc, et sur un employé bulgare, touché aux jambes, a précisé le groupe.

Les jours des deux blessés, qui ont réussi à s'enfuir grâce à l'interposition d'autres employés et ont été hospitalisés, ne sont pas en danger, avait rapidement indiqué la direction du groupe à l'AFP.

L'homme a ensuite pris en otage deux employés avec lequel il s'est retranché dans les bureaux de la direction, a indiqué Helesi.

Les forces de l'ordre avaient rapidement bouclé la zone et dépêché sur place une équipe de négociateurs.

Selon le président de la centrale ouvrière locale, Pantelis Mangalios, le groupe avait licencié courant 2011 près de la moitié du personnel de l'usine, ramené à quelque 85 employés. Le preneur d'otages, qui occupait selon lui un poste d'encadrement, était confronté à de très graves problèmes financiers, a-t-il affirmé à l'AFP.

La direction d'Helesi a pour sa part indiqué dans son communiqué que le preneur d'otage, qui travaillait à l'usine depuis 2000 comme employé de bureau avait été licencié pour une attitude instable, inadaptée et transgressive.

Les travailleurs commencent à avoir des tendances à la vengeance, a mis en garde M. Mangalios, affirmant que le chômage réel dans cette région frontalière de la Turquie et de la Bulgarie, longtemps laissée à l'écart des projets de développement du pays, atteignait près de 40% des actifs.

L'économie grecque entame sa cinquième année de récession, victime du surendettement du pays et de la cure d'austérité qui lui est administrée, au prix d'une envolée du chômage à plus de 20% de la population active et de brutales chutes du niveau de vie pour de larges secteurs de la population.

(©AFP / 02 mars 2012 00h14)