Grèce: fin de l'occupation d'une radio en appui à Lutte révolutionnaire


ATHENES - Une radio privée grecque d'information a diffusé mardi pendant plus d'une heure des messages de soutien au groupe Lutte révolutionnaire, classé terroriste par Bruxelles et Washington, après l'irruption à l'antenne de jeunes sympathisants, finalement arrêtés par la police.

Suite à une intervention du parquet d'Athènes, des policiers sont entrés dans la radio et ont interpellé les jeunes, une vingtaine, qui n'ont pas opposé de résistance et ont été conduits en début d'après-midi au siège de la police, a indiqué à l'AFP l'avocate Ioanna Kurtovic.

Mme Kurtovic a indiqué avoir été appelée par le groupe pour négocier leur sortie après l'encerclement de la radio par les forces de l'ordre.

La radio Flash, une des deux principales stations privées d'information d'Athènes, avait auparavant diffusé en intégralité un enregistrement de 70 minutes remis par les jeunes en soutien à Lutte révolutionnaire (EA) dont huit membres présumés comparaissent actuellement en procès.

Le texte appelait notamment à la lutte armée et à la révolution et déniait à la justice capitaliste le droit de juger le groupe.

Un journaliste de la station et représentant du personnel, Argyris Kostakis, a affirmé à l'AFP que les jeunes n'avaient exercé aucune violence et que les responsables de la station avaient accepté de leur donner une tribune sans appeler la police.

Le parquet a agi de son propre fait, a-t-il insisté, indiquant qu'avant l'intervention de Me Kurtovic, la direction de la station avait elle aussi tenté de négocier une sortie des jeunes sans qu'ils ne soient arrêtés.

La direction a maintenu la diffusion des publicités au cours de la diffusion de l'enregistrement, rejetant une demande des jeunes, a-t-il précisé.

Huit des membres présumés de Lutte Révolutionnaire, dont son supposé noyau dirigeant, comparaissent depuis fin octobre devant la cour terroriste spéciale installée dans l'enceinte de la prison de Korydallos, près d'Athènes.

Connu surtout pour un retentissant tir de roquette sur l'ambassade des Etats-Unis à Athènes en 2007, EA, qui affiche une rhétorique d'extrême gauche, a revendiqué une quinzaine d'attentats, depuis 2003, ayant visé des personnalités politiques, des banques, des établissements publics ou diplomatiques, qui n'ont pas fait de morts.

(©AFP / 10 janvier 2012 14h46)

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