Grèce: le parlement vote pour l'austérité et le sauvetage financier du pays


ATHENES - Le Parlement grec a voté dimanche en faveur du programme économique d'austérité permettant de déclencher un sauvetage financier du pays et son maintien dans la zone euro demandé par les créanciers du pays, a annoncé son président Philippos Petsalnikos.

A l'issue d'une soirée marquée par de violentes manifestations anti-austérité à Athènes, le programme économique, qui comporte un paquet de mesures d'austérité en échange d'un nouveau renflouement financier du pays par ses créanciers institutionnels et d'une opération d'effacement de dette supportée par ses créanciers privés, a été adopté à la majorité des voix, peu avant 23H00 GMT.

Sur les 278 députés présents, 199 ont voté pour, 74 contre, a indiqué M. Petsalnikos à l'issue du vote au parlement qui comprend au total 300 députés.

Le texte a reçu l'approbation des deux principaux partis, les socialistes du Pasok et la droite de la Nouvelle-Démocratie, qui participent au gouvernement de la coalition gouvernementale du Premier ministre Lucas Papademos.

Toutefois, plus d'une vingtaine des 153 députés socialistes ont voté contre le projet et ont été aussitôt radiés du groupe parlementaire du Pasok à la suite d'une décision écrite du chef du parti Georges Papandréou adressée au président du parlement.

De même, 21 députés de droite sur un ensemble de 83 ont voté contre et ont aussi été radiés des rangs parlementaires de la droite à la suite d'une décision du chef du parti Antonis Samaras.

Deux des seize députés du parti d'extrême droite Laos, qui s'est retiré cette semaine du gouvernement pour protester contre les mesures drastiques d'ajustement de l'économie grecque, se sont en revanche prononcés en faveur du programme d'austérité. Ces deux députés sont radiés du groupe parlementaire du Laos.

A l'issue du scrutin, un homme s'est dressé dans la tribune du public du parlement pour crier laisse parler le peuple, M. le Premier ministre. Il a aussitôt été maîtrisé.

Juste avant le début du vote, M. Papademos avait solennellement insisté sur l'importance du choix présenté aux parlementaires: avancer avec l'Europe et la monnaie unique ou précipiter le pays dans la misère, la banqueroute, la marginalisation et l'exclusion de l'euro.

L'aval des députés était indispensable pour ouvrir la voie au déblocage d'un prêt européen de 130 milliards d'euros nécessaire pour éviter à la Grèce un défaut de paiement incontrôlé en mars lorsqu'elle devra rembourser une échéance de 14,5 milliards d'euros.

(©AFP / 13 février 2012 00h53)