Grèce: pas d'argent en plus sans mise en oeuvre des réformes


NEW YORK - Le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble a laissé entendre dimanche dans un entretien au Wall Street Journal que la Grèce ne recevrait plus d'argent de la zone euro si elle ne mettait pas en oeuvre les réformes annoncées, agitant le spectre du défaut de paiement.

La Grèce doit décider, a-t-il affirmé, à la question de savoir si la zone euro accorderait ou non un deuxième plan d'aides depuis 2010, attendu à plus de 130 milliards de dollars.

L'Europe est prête à soutenir la Grèce avec un nouveau plan d'aides, a souligné le ministre allemand, mais si elle ne met pas en oeuvre les décisions nécessaires et se contente d'effets d'annonce... aucun montant d'aides ne peut résoudre le problème, a-t-il fait valoir.

Peut-être que nous et nos partenaires devons étudier des façons d'aider la Grèce dans cette tâche difficile d'une manière plus étroite, a-t-il ajouté, faisant allusion à sa proposition de placer la Grèce sous tutelle budgétaire en échange de nouvelles aides.

L'Allemagne monte ainsi le ton alors qu'Athènes a rejeté cette proposition dimanche par l'intermédiaire de son ministre des Finances, Evangélos Vénizélos.

Quiconque pose à un peuple un dilemme entre l'aide financière et la dignité nationale ignore des enseignements historiques fondamentaux, a affirmé M. Vénizélos dimanche dans un communiqué, peu avant son départ pour Bruxelles où il participera au sommet européen de lundi.

La proposition allemande a par ailleurs été accueillie avec scepticisme par les autres pays européens.

Après plus de deux semaines de négociations intermittentes et orageuses à Athènes, le gouvernement grec semble sur le point d'avoir trouvé un accord avec ses créanciers privés en vue de l'effacement de 100 milliards d'euros de dette.

L'effort des banques doit permettre de faire tomber la dette du pays à un niveau jugé soutenable bien qu'encore très élevé de 120% du PIB d'ici 2020, au lieu de 160% actuellement.

Sans bouclage de ce plan, la Grèce est sous la menace d'un défaut de paiement dès le 20 mars, lorsque le remboursement de 14,5 milliards d'euros de vieilles obligations arrivera à échéance.

Mais pour assurer sa survie, et lever les pressions qui pèsent sur la zone euro, Athènes négocie parallèlement avec ses créanciers institutionnels, Union européenne (UE), Banque centrale européenne (BCE) et Fonds monétaire international (FMI), en vue du déblocage d'un deuxième plan de soutien, décidé fin octobre.

(©AFP / 29 janvier 2012 22h56)

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