Greenpeace: les centrales à charbon sud-africaines assassines du climat


JOHANNESBURG - Des militants de Greenpeace ont escaladé les grues d'une centrale à charbon en construction à Kusile, dans le nord-est de l'Afrique du Sud, lundi et accroché une banderole disant Kusile: assassin du climat, avant d'être arrêtés, a indiqué l'association.

Les six militants ont eu le temps d'accrocher la banderole à 150 mètres en hauteur avant d'être arrêtés pour trois d'entre eux et conduits au commissariat pour avoir pénétré ce chantier interdit au public, selon une porte-parole de l'association écologiste, Fiona Musana.

L'Afrique du Sud, hôte du 28 novembre au 9 décembre de la prochaine conférence de l'ONU sur le changement climatique, dépend à 90% de centrales à charbon très polluantes pour produire son électricité.

En dépit d'une volonté affichée de développer les énergies renouvelables, dont un immense parc solaire, le pays poursuit la construction de deux énormes centrales au charbon de 4.800 MW chacune, celle de Kusile dans le Mpumalanga prévue pour entrer en service en 2017 et celle de Medupi à Lephalale dans le Limpopo (nord).

Si la localité de Kusile était un pays, elle serait la cinquième plus polluante du monde, ce n'est pas tenable, a expliqué Mme Musana de Greenpeace.

Nous voulons simplement passer du charbon aux énergies renouvelables, car c'est une solution gagnant-gagnant en termes d'emplois, de climat et d'énergie, a-t-elle ajouté.

Les manifestations pour l'énergie propre sont bienvenues si elles ne perturbent pas l'activité, selon la compagnie électrique Eskom. Selon elle, ces deux centrales utiliseront des technologies de pointe, brûleront moins de charbon pour la même puissance produite et rejetteront moins de gaz polluants.

Nous n'avons pas à nous excuser de construire deux grandes centrales à charbon. Nous sommes un pays en développement avec d'immenses besoins en terme de croissance économique et d'emplois. Nous avons besoin d'un approvisionnement fiable et à prix abordable en électricité à court et à long terme, et le charbon fait partie de l'avenir, a expliqué une porte-parole d'Eskom, Hilary Joffe.

Une partie de la centrale de Medupi est construite par le Français Alstom.

Greenpeace a calculé dans un rapport publié fin octobre avec l'aide de l'université de Pretoria que le coût réel de Kusile pourrait atteindre 60,6 milliards de rands (6 milliards d'euros) si l'on additionne le prix à payer pour les atteintes à la santé, l'eau, le climat, le poids de l'endettement.

ALSTOM

(©AFP / 07 novembre 2011 14h57)


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