Hongrie: Pal Schmitt refuse de démissionner


BUDAPEST - Le chef de l'Etat hongrois, Pal Schmitt, au coeur d'une affaire de plagiat sur son travail universitaire de doctorat, a refusé de démissionner, considérant qu'il n'y avait pas de rapport entre sa thèse et sa fonction de chef de l'Etat.

Le président Pal Schmitt s'est exprimé à la télévision publique vendredi soir, soulignant qu'il avait obtenu son diplôme universaire il y a déjà 20 ans, en 1992, et qu'il avait été élu président de la République au suffrage universel il y a un an, en 2011.

Le chef de l'Etat hongrois, quatrième président de la République depuis l'effondrement de la dictature communiste en 1989-1990, s'est vu retirer le 29 mars son doctorat par l'Université Semmelweis, qui a qualifié de plagiat sa thèse sur l'histoire des Jeux Olympiques soutenue il y a vingt ans.

J'ai rédigé ma thèse selon mes meilleures connaissances, c'était un honnête travail, a déclaré le chef de l'Etat à la télévision. En toute sincérité, je ne vois pas de rapport entre l'affaire de plagiat et une démission, a-t-il encore ajouté à une question d'un journaliste.

J'admets que l'on me prive de ce diplôme, mais j'ai fait un bon travail, selon les règles d'il y a vingt ans.

Le premier ministre conservateur, Viktor Orban, dont Pal Schmitt est un proche, avait estimé vendredi matin que, sur la question de son éventuelle démission, la décision appartenait uniquement au président de la République.

Le parti Fidesz du Premier ministre, Viktor Orban, au sein duquel plusieurs responsables avaient été hostiles à la candidature de Pal Schmitt à la présidence, n'a officiellement fait aucun commentaire sur l'affaire.

Les partis de l'opposition avaient tous demandé la démission du président, qui est revenu jeudi soir à Budapest d'une visite en Corée du Sud, mais a évité la presse qui l'attendait à l'aéroport.

Le service de presse de la présidence avait annoncé vendredi matin que l'ensemble du programme de Pal Schmitt, dont une visite à Vienne pour l'inauguration d'une exposition consacrée à un artiste hongrois, était annulé pour la journée de vendredi.

La presse hongroise s'attendait unanimement à une démission du chef de l'Etat et avait commencé à évoquer de possibles successeurs.

Devant la résidence du chef de l'Etat, le Palais Sandor, une douzaine de sympathisants du petit parti d'opposition vert-gauche ont monté des tentes et ont déclaré vouloir rester jusqu'à son départ.

L'hebdomadaire hongrois HVG avait présenté début janvier des passages de la thèse de Pal Schmitt apparaissant comme une traduction du texte en français d'un expert bulgare, Nikolaï Georgiev: La reprise du travail du Bulgare Georgiev, sur 180 des 215 pages de la thèse de Pal Schmitt, relève du soupçon de plagiat.

Dans le monde politique, la dernière grande affaire de plagiat pour une thèse universitaire avait contraint en 2011 l'étoile montante de la démocratie-chrétienne allemande (CDU-CSU), Karl-Theodor zu Guttenberg, à démissionner de son poste de ministre de la Défense.

Et, en conséquence, dans le monde universitaire, des experts ont commencé à passer au peigne fin des thèses universitaires d'hommes politiques, à la recherche d'éventuels plagiats.

(©AFP / 30 mars 2012 20h54)