Hongrie: Pal Schmitt seul à décider de son éventuelle démission


BUDAPEST - Le chef de l'Etat hongrois, Pal Schmitt, au coeur d'une affaire de plagiat sur son travail universitaire de doctorat, est seul maître d'une éventuelle démission, a estimé le Premier ministre conservateur, Viktor Orban, à la radio publique MR1 vendredi matin.

Le président hongrois fera une annonce vendredi soir à la télévision nationale, a indiqué son porte-parole en début d'après-midi.

Pal Schmitt donnera une réponse à toutes les questions pertinentes, ce soir à la télévision publique, a indiqué le porte-parole, Norbert Kiss, aux journalistes réunis devant l'entrée du Palais Sandor, la résidence présidentielle.

Il n'a pas précisé si cette annonce serait diffusée en direct ou à partir d'un enregistrement.

Viktor Orban a déclaré que, personnellement, il continuait à travailler avec Pal Schmitt, quatrième président de la République depuis l'effondrement du régime communiste en 1989-1990, et que, sur la question de son éventuelle démission, la décision appartenait uniquement au président de la République.

Le chef de l'Etat hongrois, un proche de Viktor Orban, s'est vu retirer le 29 mars son doctorat par l'Université Semmelweis, qui a qualifié de plagiat sa thèse de doctorat sur l'histoire des Jeux Olympiques soutenue en 1992.

Signe d'une possible démission, le service de presse de la présidence a annoncé vendredi matin que l'ensemble du programme de Pal Schmitt, dont une visite à Vienne pour l'inauguration d'une exposition consacrée à un artiste hongrois, est annulé pour la journée de vendredi.

La presse hongroise s'attend unanimement à une démission du chef de l'Etat et commence à évoquer de possibles successeurs.

Le parti Fidesz du Premier ministre, Viktor Orban, au sein duquel plusieurs responsables avaient été hostiles à la candidature de Pal Schmitt à la présidence, n'a officiellement fait aucun commentaire sur l'affaire.

De leur côté, les partis de l'opposition ont tous demandé la démission du président, qui est revenu jeudi soir à Budapest d'une visite en Corée du Sud, mais a évité la presse qui l'attendait à l'aéroport.

L'hebdomadaire hongrois HVG avait présenté début janvier des passages de la thèse de Pal Schmitt apparaissant comme une traduction du texte en français d'un expert bulgare, Nikolaï Georgiev: La reprise du travail du Bulgare Georgiev, sur 180 des 215 pages de la thèse de Pal Schmitt, relève du soupçon de plagiat.

Dans le monde politique, la dernière grande affaire de plagiat pour une thèse universitaire avait contraint en 2011 l'étoile montante de la démocratie-chrétienne allemande (CDU-CSU), Karl-Theodor zu Guttenberg, à démissionner de son poste de ministre de la Défense.

Et, en conséquence, dans le monde universitaire, des experts ont commencé à passer au peigne fin des thèses universitaires d'hommes politiques, à la recherche d'éventuels plagiats.

(©AFP / 30 mars 2012 13h57)