Hongrie : le président Ader bloque une loi controversée sur la procédure électorale


BUDAPEST - Le président hongrois Janos Ader a refusé de signer la loi électorale controversée sur la procédure électorale et l'a renvoyée pour un contrôle devant la Cour constitutionnelle, a annoncé jeudi dans la soirée son bureau à Budapest.

La Cour constitutionnelle dispose désormais 30 jours pour formuler sa réponse.

Le 26 novembre le Parlement hongrois avait adopté une nouvelle loi controversée sur la procédure électorale, taillée sur mesure, selon ses détracteurs, pour permettre au Premier ministre Viktor Orban de gagner les prochaines élections en 2014.

Il est de l'intérêt de chaque citoyen de notre nation, de trouver des réponses rassurantes aux inquiétudes d'ordre constitutionnel, a indiqué M. Ader dans une déclaration publiée sur son site officiel.

Le contrôle de la Cour constitutionnelle permettra de modifier les points incomplets et imprécis de la loi, a-t-il ajouté.

Un des points les plus controversés oblige les Hongrois en âge de voter à s'enregistrer au préalable sur une liste électorale, au plus tard deux semaines avant le scrutin. Auparavant, la carte de résident était suffisante pour participer le jour du vote.

Qu'un citoyen ne puisse se faire enregistrer que chez son notaire est une entrave inutile et disproportionnée, a estimé le président hongrois, qui a aussi dénoncé la limitation de la campagne électorale aux médias publics.

S'il ne critique pas le principe de l'inscription préalable, il a toutefois demandé à la Cour constitutionnelle de vérifier si ce passage de la loi était compatible avec les accords internationaux.

Pour l'opposition, ce texte vise à empêcher les nombreux électeurs indécis --parmi eux de nombreux déçus de Viktor Orban-- d'aller voter à la dernière minute contre le gouvernement

Janos Ader a également critiqué l'interdiction des publicités politiques 48 heures avant les élections, et a rejeté l'interdiction de la publication des sondages dans les derniers six jours avant les élections.

L'ensemble des partis politiques se sont félicités de la décision du président hongrois, qu'il s'agisse du Fidesz, parti au pouvoir de Viktor Orban, ou de l'opposition socialiste.

Gordon Bajnai, ancien premier ministre et rival de Viktor Orban, a déclaré que le véto du président offrait une dernière chance pour tenir des élections vraiment libres en Hongrie en 2014.

(©AFP / 06 décembre 2012 19h43)

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